Dépêche AFP : Le tourisme social attend le "top départ" avant les vacances

par PierreJouquan
0 commentaire

Paris, France | AFP | jeudi 29/04/2021 - 14:02 UTC+2 | 619 words

by David ARRODE

Les acteurs du tourisme social et solidaire n'attendent plus qu'un signal, une date de réouverture, pour organiser les séjours en colonies et centres de vacances pour les enfants et les familles fragilisés par la crise sanitaire.

"On a besoin d'un top départ, d'une annonce claire pour nous dire que l'été aura lieu, qu'il va y avoir des séjours. Les parents ont besoin d'être rassurés pour inscrire leurs enfants", insiste Anne Carayon, directrice générale de Jeunesse au plein air, organisme qui a fait partir en colonies de vacances 300.000 enfants ces dix dernières années.

Simon Thirot, directeur général de l'Union nationale des associations de tourisme et de plein air (Unat), confirme attendre "de la visibilité sur le calendrier et les protocoles", notamment sur les jauges d'accueil du public. Il y a urgence car "ouvrir un établissement, le préparer pour recevoir des vacanciers, cela prend trois semaines". 

L'Unat réunit 71 acteurs nationaux du tourisme social et solidaire, qui gèrent 1.600 établissements (auberges de jeunesse, villages et colonies de vacances...) accueillant cinq millions de vacanciers par an pour 20 millions de nuitées et un chiffre d'affaire de 1,2 milliards d'euros. 

En 2020, la crise sanitaire a amputé 50% de ce chiffre d'affaires. Avec des établissements fermés depuis la fin de l'été 2020, "la situation est plus dure que l'an dernier" et "les dispositifs d'indemnisation n'ont pas couvert l'intégralité des pertes", assure Simon Thirot.

Autre difficulté, beaucoup de sessions de formation pour obtenir le BAFA (brevet d'animation) ou BAFD (brevet de direction) n'ont pas pu se tenir ce printemps et Simon Thirot s'attend à "des difficultés de recrutement". Stéphanie Dayan, secrétaire nationale de la CFDT, rappelle que le secteur "ne fonctionne quasiment qu'avec des saisonniers" (40.000 pour 6.000 CDI).

- Rassurer les familles -

"Cela fait deux ans que la formation est compliquée. On a un grand manque de directeurs. Des jeunes qui avaient envie de travailler cet été se retrouvent coincés", témoigne William Petipas, secrétaire national du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC), qui organise des séjours pour les jeunes dans une trentaine de départements.

Le MRJC est membre du Collectif Camps Colos, qui milite pour "un fonds pérenne de soutien" aux colonies de vacances. Un fonds d'urgence de 15 millions d'euros pour les colonies de vacances et les classes de découverte a été reconduit en 2021.

Vacances et Familles est une association qui existe depuis 1962 et fait partir en vacances 1.200 familles chaque année. Elle s'appuie sur un solide réseau de 1.500 bénévoles, en majorité des séniors, qui accompagnent les groupes. Crainte du Covid oblige, certains ont manqué à l'appel en 2020. "L'expérience nous a permis d'anticiper cette année" grâce à un partenariat noué avec des plateformes de bénévolat, explique une des responsables, Arwa Zarraa.

Anne Carayon, de Jeunesse au plein air, demande "que la vaccination contre le Covid-19 soit prioritaire pour les personnes encadrant les séjours, afin de rassurer les familles et sécuriser les animateurs".

La reconduction du dispositif des "colonies apprenantes" est aussi unanimement réclamée. Pris en charge par l'Etat, "il a permis de toucher des enfants qui ne partaient pas en vacances", selon Mme Carayon.

"Dans le marasme actuel, il y a un vrai risque que des Français renoncent aux vacances. Il y a tout un tas de freins financiers, culturels, psychologiques, sanitaires aujourd'hui", explique Simon Thirot. 

"Le secteur a été impacté et risque de l'être encore plus avec un public directement touché par les effets économiques de la crise", analyse le chercheur Bertrand Réau, qui occupe la chaire Tourisme, voyage et loisirs au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam).

Selon des chiffres gouvernementaux, en 2020, plus de 600.000 enfants et jeunes n'ont pas pu partir en séjour en raison de la crise liée au Covid-19.

S'impliquer dans l'UNAT