N°190 Décembre 2008
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Editorial

Par Patrick Brault - Président de l'Unat

L’Assemblée nationale et le Sénat viennent d’examiner, en première lecture, les crédits «tourisme» du projet de loi de finances pour 2009. Le tourisme devient cette année un « programme » à part entière, intégré à la «mission Economie».

Si ce changement de statut du tourisme dans la loi de finances est satisfaisant, il n’en va pas de même des crédits alloués car, de façon quelque peu contradictoire, ceux ci s’établissent à 59,33 millions d’euros en autorisations d’engagements, soit, par rapport à 2008, une baisse, à périmètre constant, de 10,6 %, et à 64,13 millions d’euros en crédits de paiement, en baisse de 8,3 %.

Le « programme » tourisme comporte 4 actions :
  • La promotion de l’image touristique de la France et son savoir-faire (69,26 % des crédits) ; ceci concerne le soutien à Maison de la France et à Odit France.
  • L’économie du tourisme et le développement de l’activité touristique (21,71 % des crédits).
  • Les politiques favorisant l’accès aux vacances (7,34 % des crédits).
  • Le soutien du programme tourisme, qui ne regroupe désormais que les crédits de fonctionnement courant des services déconcentrés (1,69 % des crédits).
Il est à noter que les crédits de personnel de l’administration du tourisme sont désormais inscrits dans un programme «développement des entreprises et de l’emploi».

Ceci s’explique par le fait que, au 1er janvier, la Direction du tourisme va disparaître en tant que telle, et être intégrée à une direction générale chargée du suivi et des actions en faveur des PME-PMI, du commerce, de l’artisanat et des professions libérales, s’inscrivant dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).

Sans nier qu’il y avait probablement à rechercher une organisation plus efficace du tourisme dans l’architecture administrative et gouvernementale, on peut tout de même s’étonner à plus d’un titre et regretter qu’une activité qui est sans doute la seconde activité économique du pays, se retrouve ainsi intégrée dans une grosse direction où sa spécificité sera évidemment plus difficile à distinguer, et l’action sans doute plus difficile à dynamiser.

L’évolution globale des crédits ne fait que confirmer ces inquiétudes, ceux-ci occupant une place encore en diminution dans le budget de l’Etat. Si l’aide consacrée à la première action (promotion de la France) est en très légère progression, passant de 40,6 à 41,09 millions d’euros, les crédits de l’action 2 sont en baisse très sensible par rapport au projet de loi de finances 2008 initial.

En venant maintenant au point auquel nous sommes le plus sensibles, à savoir la troisième priorité, les politiques favorisant l’accès aux vacances, trois constats sont à faire :
  • Les crédits demandés s’élèvent à 4,36 millions d’euros en AE (autorisations d’engagements) et à 4,04 millions d’euros en CP (crédits de paiement) soit des hausses respectives de 51,9 % et de 3,3 % par rapport à 2008, ce qui, d’une certaine façon, est positif. Mais cette hausse significative s’explique quasiment exclusivement par les crédits permettant, dans les contractualisations 2007-2013, de soutenir la mise en accessibilité des équipements de tourisme (3,86 millions d’euros en AE et 2,94 millions en CP). C’est bien qu’il y ait cette ligne, mais cela ne peut en rien contribuer à favoriser un départ en vacances de nos concitoyens qui recule.
  • Deuxième constat, concernant le développement des politiques sociales, la ligne diminue à 0,5 million d’euros (0,7 en 2008), et est prévue pour soutenir – explicitement – et en premier lieu, l’action de l’Association Tourisme et Handicap et de … l’Unat. Ceci est bien sûr positif pour le travail et l’action de notre Union, mais la faiblesse de cette ligne a pour conséquence que la plupart des aides qui étaient apportées à plusieurs associations ou fédérations, y compris dans l’action la plus sociale de l’aide au départ des plus défavorisés, sont purement et simplement supprimées, et il y a lieu de le déplorer fortement.
  • Enfin, pour la troisième année consécutive, et donc vraisemblablement pour longtemps, il n’y a plus la moindre aide à la rénovation du patrimoine immobilier du tourisme associatif à vocation sociale, alors que les besoins sont immenses et ces rénovations indispensables pour préserver la qualité d’accueil de ces établissements. Il ressort donc de l’examen du projet de loi de finances et de l’évolution de la Direction du tourisme qu’une nouvelle politique sociale du tourisme est à reconstruire pour répondre à l’attente de nos concitoyens, dont le taux de départ baisse régulièrement depuis 5 ans. L’ANCV va être largement mise à contribution… mais la disparition vraisemblable du Bureau des Politiques sociales n’est pas un signe qui va dans le bon sens.
Alors que le ministre chargé du tourisme, M. Hervé Novelli, a fait part de sa volonté de consacrer une large place à la dimension sociale du tourisme lors des prochaines Assises nationales du tourisme, en 2009, l’Unat demande et attend que des mesures et dispositifs plus adaptés et plus conséquents soient pris par l’Etat pour atteindre les objectifs affichés.

A nous de nous mobiliser pour que, dans ce contexte de grave crise économique, notre action, plus nécessaire que jamais, puisse être soutenue et relayée au service du plus grand nombre, et plus particulièrement des plus modestes.

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