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Les vacances des jeunes francais

LES VACANCES DES JEUNES FRANCAIS (OCTOBRE 1994)


INTRODUCTION

Les vacances de jeunes constituent un secteur d'activité important, mais dont le volume, le rythme et les motivations restent néanmoins insuffisamment connus.

Le terme de vacances de jeunes recouvre, bien-sûr, des réalités fort différentes, selon les tranches d'âge, le type de séjours effectués et les éléments qui le composent. Les vacances de jeunes intègrent les voyages de jeunes, mais ne se résument pas à eux. Elles englobent les vacances des adolescents comme celles des jeunes adultes mais, nous le verrons, celles-ci diffèrent très sensiblement. Elles recouvrent des vacances prises en famille et celles sans les parents, mais qui ont bien peu en commun.

C'est pourquoi l'Union Nationale des Associations de Tourisme a voulu en savoir plus et mener une enquête en profondeur auprès de jeunes Français pour connaître l'univers de leurs vacances.

Avec l'aide d'enseignants, d'associations de tourisme, de comités d'entreprise, l'UNAT a donc questionné près de 1 200 jeunes âgés de 14 à 25 ans, à travers toute la France durant le premier trimestre de 1994. De même a-t-elle mené un travail similaire dans une province italienne, l'Emilie Romagne, et une province espagnole, les Baléares, qui feront l'objet d'une présentation séparée.

L'enquête a donc porté sur les vacances, étant entendu que l'on entend par vacances tout voyage ou séjour de plus de quatre jours consécutifs pour des motifs autres que le travail, la santé ou les études.

L'échantillon comprenait des jeunes de toutes catégories : collègiens, lycéens, étudiants, apprentis, jeunes au travail, jeunes en cours de service militaire, jeunes sans emploi.

Cependant, les jeunes n'étant plus en cours d'étude n'ont pas constitué une part importante de l'échantillon (20%).

Aussi, dans un souci de rigueur, le redressement a été effectué sur la part de l'échantillon constituée par les seuls jeunes en cours d'étude (80%) et ne tient pas compte des jeunes déjà au travail ou en recherche d'emploi.

C'est donc avant tout les vacances des jeunes fréquentant les collèges, lycées et universités qui font l'objet de cette synthèse, même s'il est parfois fait référence aux résultats bruts concernant l'ensemble de l'échantillon.

Il convient d'ailleurs d'indiquer que, à l'exception du taux de départ en vacances, les différences se sont révèlées être assez faibles entre la pratique des jeunes en cours d'étude et ceux ne l'étant plus.

Nous vous invitons donc à un voyage à travers cet univers varié des vacances des jeunes, et avant tout celles des jeunes fréquentant les collèges, lycées et universités.

Nous y découvrirons que ceux-ci partent plus en vacances que l'ensemble de la population, qu'ils sont beaucoup plus attirés par l'étranger, qu'ils utilisent davantage les transports en commun, que leur appétit de rencontres est fort, et que, en un mot, les vacances comptent dans leur vie.

Il y a d'ailleurs parfois un écart entre le rêve et la réalité, comme nous avons aussi essayé de le mesurer en étudiant tout d'abord ce que furent les vacances de 1993 puis ce qu'étaient les souhaits pour celles de 1994.

Enfin, ayant constaté les différences souvent très grandes des réponses entre les trois tranches d'âge étudiées (14-17 ans, 18-21 ans et 22-25 ans), qui correspondent à une étape de transformation très importante de la vie des jeunes, nous avons, pour la plupart des questions, donné les réponses globales, puis de chacune de ces trois tranches d'âge.

De même nous sommes nous efforcés de présenter de nombreux résultats de notre enquête par saison, seule façon, selon nous, de bien cerner le détail de certains comportements ou de certaines pratiques.


I. LES VACANCES 1993

 

1. Les départs en vacances des jeunes

1.1 Vacances ou pas ?

Nous savons, selon l'étude réalisée par Demoscopie au printemps 1994, que 69% des jeunes français des tranches d'âge concernées partent en vacances au moins une fois pendant l'année. C'est sensiblement plus que l'ensemble de la population (90%).

Ce chiffre est à rapprocher du nombre d'habitants d'Ile de France déclarant être parti en vacances d'été (81%), selon la dernière enquête bi-annuelle de l'INSEE sur les vacances des Français.

Les jeunes scolarisés ou à l'université partent eux-mêmes encore plus en vacances que la moyenne des jeunes.

Les résultats de cette première question sont cependant à relativiser du fait de la façon dont l'enquête a été menée. Les questionnaires ayant été souvent distribués par l'entremise d'enseignants ou de divers intermédiaires, il ne s'est pas agi, dans la plupart des cas, d'entretiens dirigés.
Il a donc été constaté parfois que des jeunes n'ayant pas pris de vacances n'avaient pas jugé bon de retourner le questionnaire ; en conséquence, leur nombre s'en trouve minoré dans cette enquête.

Il n'en demeure pas moins qu'entre le résultat brut des jeunes enquêtés étant partis en vacances (87%), et les chiffres habituellement recueillis par les enquêtes d'opinion (69%), il y a un écart considèrable.

Aussi l'Unat est-elle encline à penser que la réalité se situe entre ces deux chiffres, et que les enquêtes faites auprès des chefs de ménage sous évaluent les vacances des jeunes, et notamment les petites vacances.

N'oublions pas le rôle joué dans ce domaine par les collectivités et organismes sociaux, de même que la place importante des vacances "gratuites", comme nous le verrons dans cette étude.

Ces remarques importantes étant faites, il convient aussi d'examiner le taux de départ en vacances de notre échantillon redressé au vu de trois critères essentiels : l'âge, la catégorie socio-professionnelle des parents et le lieu de résidence des jeunes.

1.1.1. Les tranches d'âge

Les jeunes de 14 à 17 ans scolarisés sont ceux qui partent le plus en vacances puisque 97% auraient effectué un séjour de vacances au moins, alors que les jeunes de 18 à 21 ans n'ont été que 84% dans ce cas ; la différence est sensible et s'explique notamment, nous le verrons, par la prise d'autonomie par rapport aux parents et ses conséquences économiques.

Le taux de départ par tranches d'âge
 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

       

Oui

97

84

92

Non

3

16

8

1.1.2. La catégorie socio-professionnelle des parents

La constation ne surprendra personne : plus la catégorie socio-professionnelle des parents est élevée, plus les jeunes partent en vacances, mais avec une écart qui est sans doute inférieur à l'idée généralement admise. Qu'on en juge :
Le taux de départ suivant la catégorie socio-professionnelle des parents
 

Père artisan

 

Père cadre

 

Père profession

intermédiaire

Père employé

 

Père ouvrier

 

OUI

86

93

90

90

86

NON

14

7

10

10

14

1.1.3.La commune et la région de résidence

Notre enquête démontre, après beaucoup d'autres, que les jeunes habitant en ville et en Ile de France sont davantage partis en vacances.

Le taux de départ selon le lieu de résidence
         
 

Communes

Communes

Communes

Communes

 

- 2000 hab

- 20 000 hab

20 à 100 000 hab

+ 100 000 hab

         

Oui

80

88

94

90

Non

20

12

6

10

     
     

Habitants

Habitants

Autres régions

Paris ville

Ile de France

 

96

96

83

4

4

17

1.1.4.Raisons de non départ en vacances


Les 11% de jeunes n'étant pas partis en vacances au cours de l'année ont indiqué les raisons essentielles pour lesquelles ils n'étaient pas partis. Pour les 3/4 d'entre eux (73%), c'est le manque d'argent ou le travail et la recherche d'un emploi qui en ont été la cause.

1.2. Nombre de séjours

Selon les enquêtes régulièrement effectuées sur les vacances des français, ceux-ci ont effectué en moyenne deux séjours de vacances par an.

Les jeunes, quant à eux, ont effectué en moyenne 2,5 séjours de vacances par an.

Les jeunes en cours d'étude ont effectué 2,6 séjours de vacances par an.

Les écarts suivant les tranches d'âge sont très faibles puisqu'ils varient de 2,7 séjours par an pour les 14-17 ans à 2,5 pour les 18-21 ans et 22-25 ans.
Il est clair que le nombre de séjours est très influencé par le nombre de périodes de vacances scolaires et universitaires d'une part, mais également par un découpage des vacances d'été en deux séjours distincts pour nombre de jeunes, puisque ceux-ci déclarent en moyenne avoir effectué 1,2 séjour et 1,3 pour les jeunes en cours d'étude, au cours des seuls mois de juillet et août.
Cela signifie que les séjours se sont répartis de façon assez équilibrée entre l'été d'une part (48%), et l'ensemble du reste de l'année d'autre part (52%).

1.3. Périodes des séjours de vacances

Que les jeunes soient en cours d'étude, au travail ou en recherche d'emploi, ils ont pris leurs vacances à des périodes très similaires.

Il est important de noter à ce sujet que si les mois de vacances scolaires et universitaires recueillent naturellement l'essentiel des séjours de vacances - et tout particulièrement pour la tranche 14-17 ans - il y a pourtant un étalement intéressant des périodes de vacances des jeunes et surtout dans la tranche 22 à 25 ans (juin et septembre).

La lecture du tableau ci-dessous traduit de façon détaillée le rythme annuel des départs en vacances et les différences sensibles d'une tranche d'âge à l'autre.

Mois de départ (1993)

 

       
 

Echantillon

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

JANVIER

5

2

5

12

FEVRIER

32

35

31

28

MARS

5

4

6

7

AVRIL

27

32

25

23

MAI

4

1

5

9

JUIN

7

4

7

15

JUILLET

58

70

52

41

AOUT

73

79

71

56

SEPTEMBRE

16

7

19

29

OCTOBRE

11

13

9

11

NOVEMBRE

2

3

2

1

DECEMBRE

21

21

21

23

Prenant cette question sous un autre angle, nous pouvons relever, par saison, que 41% des jeunes déclarent avoir pris des vacances pendant l'un des mois d'hiver (décembre, janvier, février), 32% pendant l'un des mois de printemps (mars, avril, mai), 85% pendant l'un des mois d'été (juin, juillet, août), 26% pendant l'un des mois d'automne (septembre, octobre, novembre).

1.4. La durée moyenne des séjours de vacances


De même que pour le nombre de jeunes ayant pris des vacances, et le nombre moyen de séjours de vacances, la durée moyenne de leurs vacances est supérieure à celle de l'ensemble des français puisqu'elle est de 37,5 jours contre 26,5. Elle est même de 40 si l'on considère l'ensemble des jeunes en cours d'étude.
Par saison, la durée moyenne s'établit à 12 jours pour ceux ayant pris des vacances d'hiver, à 10 jours pour le printemps, 32 jours pour l'été et 11 jours pour l'automne, sachant que le cumul de ces moyennes trimestrielles ne constitue pas la moyenne annuelle par jeune.

La durée moyenne s'établit à un niveau très comparable entre les séjours de juillet (20 jours) et ceux d'août (22 jours), au même niveau pour les trois mois de printemps (10 jours) et à un niveau très proche pour tous les mois où se situent les autres petites vacances, puisque en janvier, février, octobre, novembre et décembre la moyenne des séjours est entre 8 et 9 jours. Il convient de relever aussi les chiffres assez élevés et - là aussi - proches, de l'avant et de l'arrière saison d'été, avec 13 jours pour les séjours en juin et 12 jours pour ceux de septembre.

Il est intéressant par ailleurs de constater une grande régularité de durée entre les trois tranches d'âge pour les mois de janvier, février, avril, juillet, août et décembre, mais en revanche de gros écarts entre les 14-17 ans et les 22-25 ans, notamment pour les mois de mars, juin, septembre, octobre et novembre, les plus âgés ayant alors des séjours sensiblement plus longs, témoignant du plus grand étalement de leurs vacances.

Durée moyenne des séjours par mois
 

Echantillon

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

JANVIER

9

10

9

10

FEVRIER

9

10

9

9

MARS

10

9

9

14

AVRIL

10

10

10

10

MAI

10

6

10

9

JUIN

13

12

13

14

JUILLET

20

21

20

20

AOUT

22

22

22

20

SEPTEMBRE

12

8

12

15

OCTOBRE

8

7

8

11

NOVEMBRE

9

10

7

18

DECEMBRE

9

9

9

9

MOYENNE

       

Annuelle

40

43

38

39

Hiver

12

12

11

12

Printemps

10

10

11

12

Eté

32

34

30

28

Automne

11

9

12

14

N'oublions pas, à la lecture de ce tableau, de relativiser les résultats pour les mois où il y a peu de séjours de vacances.

Nous pouvons enfin noter que la durée moyenne d'un séjour sur l'année est de 15,4 jours, très proche du chiffre de 16 jours constaté pour l'ensemble de la population française en 1993.


2. Les destinations

L'une des constatations majeures de cette enquête est que les jeunes, tous âges confondus, partent davantage à l'étranger que l'ensemble de la population, et que, en revanche, l'évolution des destinations en France suit sensiblement celle constatée pour l'ensemble de la population.

2.1. La France ou l'étranger


Les jeunes partent deux fois plus en vacances à l'étranger que l'ensemble de la population, puisque 10% d'entre eux indiquent être allés une fois au moins à l'étranger pendant l'année et que 84% indiquent avoir effectué au moins un séjour de vacances en France.

C'est au cours de l'été que la part des séjours à l'étranger est la plus importante (34% contre 17% pour l'ensemble de la population), et, comme le démontre le tableau ci-dessous, ce sont les jeunes de 22 à 25 ans qui partent le plus à l'étranger.

Les destinations des jeunes

 

14 - 17 ans 18 - 21 ans 22 - 25 ans

 

hiver

print.

été

autom

hiver

print.

été

autom

hiver

print.

été

autom

FRANCE

68

84

66

77

78

76

68

77

67

69

60

70

ETRANGER

32

16

34

23

22

24

32

23

33

31

40

30

 

2.2. Quelles destinations en France

Nous constatons un déplacement important des destinations, en France, suivant les saisons avec naturellement, une forte pointe à la montagne l'hiver, une montée en puissance progressive des séjours sur les littoraux de l'hiver jusqu'à l'été, une bonne tenue des séjours à la campagne pour les saisons intermédiaires et, fait intéressant, une place importante des destinations urbaines pour les séjours d'automne.

Les résultats de notre enquête, sur l'échantillon global, sont, par saison, les suivants :

Destinations en France

 

Hiver

 

Printemps

Eté

Automne

LPES

44

17

8,5

6,5

PYRENEES

7

5

4

1,5

AUTRES MASSIFS

10

5

5

3

COTE NORD

1

4

3

4

BRETAGNE

6

11

9,5

10,5

COTE ATLANTIQUE

3

12

20

8,5

COTE MEDITERRA.

7

14,5

24,5

12,5

CAMPAGNE

10

20

13,5

31

PARIS

4

4

3

3,5

AUTRES VILLES

6

7

7

18,5

DOM TOM

2

0,5

2

0,5

Il est intéressant de noter, pour les vacances d'été, que les destinations de littoral sont - pour les séjours en France - supérieurs aux places que celles-ci occupent pour l'ensemble des français, alors que les résultats sont très comparables, nous le verrons, lorsqu'on y ajoute les séjours à l'étranger.

Le littoral méditerranéen fait certes recette, mais la côte atlantique et la Bretagne sont, à elles deux, plus attirantes.

Pour ce qui est des séjours à la montagne, si ceux-ci sont très bien répartis entre les différents massifs l'été, ils laissent en revanche apparaître une très nette préférence pour les Alpes l'hiver, le volume de l'offre et l'enneigement y sont sans doute pour beaucoup.


Les différences selon les trois tranches d'âge ne sont pas négligeables pour l'hiver, où les plus âgés partent davantage à la montagne et l'automne où ces derniers partent plus sur les littoraux.

Destinations selon les tranches d'âge

Hiver Printemps Eté Automne

 

14-17

18-21

22-25

14-17

18-21

22-25

14-17

18-21

22-25

14-17

18-21

22-25

ALPES

34,5

47,5

53,5

16

19,5

12

6,5

10,5

8,5

9

3,5

10

PYRENEES

4,5

8,5

8,5

7

1

12

4

3,5

6

0

3

0

AUTRES MASSIFS

12

9,5

5

4

7

2,5

5,5

4,5

6

6

1,5

0

TOTAL MONTAGNE

51

65,5

67

27

27,5

26,5

16

18,5

20,5

15

8

10

                         

COTE NORMANDE ET MER DU NORD

2,5

0

2

2

7,5

0

1,5

3,5

4,5

0

4,5

13,5

BRETAGNE

8,5

4

5,5

10

10,5

14,5

7,5

11,5

6,5

9

12,5

9

COTE ATLANTIQUE

2

4,5

0

15,5

9,5

6,5

20,5

20,5

15

9

7,5

11

LITTORAL MEDITERRA.

12

4,5

3,5

15,5

13,5

14

26

23,5

24,5

9

16,5

8

TOTAL LITTORAL

25

13

11

43

41

35

55,5

59

50,5

27

41

41,5

CAMPAGNE

11

10

14

16

22

28,5

11

15

16

44

22,5

28

                         

PARIS

2,5

5,5

1,5

2,5

5

6

5

2

1,5

0

7

0

AUTRES VILLES

7

5

3

11

3,5

4

9,5

4,5

6,5

14

21,5

17,5

TOTAL VILLES

9,5

10,5

4,5

13,5

8,5

10

14,5

6,5

8

14

28,5

17,5

DOM TOM

3,5

1

3,5

0,5

1

0

3

1

5

0

0

3

2.3. Quelles destinations à l'étranger


Notre enquête rejoint ici totalement les résultats des enquêtes sur les vacances des français en 1993, qui indiquent que, l'été, plus de 70% des séjours à l'étranger se font en Europe.

Nous constatons en effet que 73% des séjours de jeunes à l'étranger se font également sur le vieux continent, avec de très faibles écarts suivant les tranches d'âge. Qu'on en juge :

Destinations à l'étranger

Où en Europe

 

Echantillon

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

ESPAGNE

25

19,4

27,9

31,5

PORTUGAL

10,7

12,2

10,3

6,7

ITALIE

10,1

3,6

15,2

10,5

GRANDE BRETAGNE

9,6

11,2

7,8

11,8

IRLANDE

2,8

5,1

1,2

1,7

ALLEMAGNE

7,3

9,2

6,4

4,6

SUISSE

3,7

3,6

3,3

5,5

GRECE

9,2

15,3

5,1

5,9

EUROPE DE L'EST

3,2

1,5

3,9

5,8

TURQUIE

3,3

3,6

2,5

5,9

AUTRES *

15,1

15,3

16,4

10,1

*(Dont Pays Bas 4)

       

 

Les destinations européennes des jeunes sont généralement assez proches de celles de l'ensemble de la population avec néanmoins quelques nuances. Les pays méditerranéens, et l'Espagne en premier lieu, attirent 55% des jeunes contre 59,5% pour l'ensemble de la population, mais, parmi ceux-ci, la Grèce attire près de trois fois plus de jeunes (9,2% contre 3,5%).

Nous retrouvons pratiquement le même écart, mais inversé, si nous considérons trois pays dont on apprend la langue : Grande Bretagne, Irlande et Allemagne, où se sont rendus 19,7% des jeunes, contre 14,3% pour l'ensemble de la population. La motivation linguistique n'y est sans doute pas étrangère d'autant plus que c'est chez les 14-17 ans, on le voit, que se trouve le plus grand nombre de visiteurs de ces pays (25,5%).

Pour ce qui est des séjours hors de l'Europe, qui représentent moins d'un tiers des séjours à l'étranger, ils s'équilibrent entre les pays d'Amérique d'une part (aux Etats Unis et au Canada) et l'Afrique du Nord d'autre part (dont 9 sur 10 au Maroc et en Tunisie), avec seulement 2% environ de séjours ailleurs en Afrique, en Asie en Océanie.


Les tableaux suivants montrent la répartition des séjours entre les pays d'Amérique d'une part, et sur les autres continents d'autre part.

Nous noterons que les séjours dans le Maghreb, comme au Portugal pour les pays européens, sont importants, traduisant ainsi le nombre élevé de séjours effectués par les jeunes d'origine étrangère (notamment les 14-17 ans) dans leur pays d'origine.

Destinations vers le continent américain

 

 

Echantillon

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

USA

68,7

57,1

71,4

67,4

CANADA

21,6

42,9

20,8

12,2

MEXIQUE/AM CENTRALE

3,2

   

14,4

AMERIQUE DU SUD

6,5

 

7,8

6

Destinations autres continents

 

Echantillon

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

MAROC

38,1

64,1

23,6

8,6

TUNISIE

21,2

10,2

28,2

28,6

AUTRE AFRIQUE NORD

8,9

     

EGYPTE

5,2

     

ISRAEL

3,3

     

PROCHE ORIENT

2,8

     

CHINE

1,9

     

AUSTRALIE

1

     

AUTRE ASIE

2,9

     

AUTRE AFRIQUE

10,4

     

AUTRE (NON PRECISE)

4,2

25,7

48,2

62,8

2.4. Choix des sites

Il n'est pas inutile de reprendre le choix des sites, toutes destinations en France et à l'étranger confondues.

L'hiver, la destination montagne est omniprésente avec 53,5%, loin devant bord de mer, ville et campagne ; ce chiffre est à rapprocher de celui de la population globale qui n'est que de 33% pour la destination montagne.
Pour l'été en revanche, la proportion de la destination bord de mer (46%) est absolument comparable à celle de l'ensemble de la population (47%), alors que la destination campagne y est plus faible (16% contre 25%), et la destination villes au contraire plus forte (13% contre 8%).

Cela constitue d'ailleurs probablement l'une des spécificités les plus nettes du tourisme de jeunes, pour qui la destination "villes" est sensiblement supérieure à ce qu'elle n'est pour l'ensemble de la population, avec une pointe pour la tranche d'âge 18-21 ans.
Sur l'ensemble de l'année, et en tenant compte de la multiplicité des séjours, nous pouvons aussi relever que 58% des jeunes ont choisi au moins une fois de destination bord de mer pendant l'année.

Choix des sites
 

Hiver 

Printemps

Eté

Automne

BORD DE MER

14,5

33

46

30,5

MONTAGNE

53,5

23

14,5

5,5

CAMPAGNE

12

21,5

16

27,5

VILLE

13,5

19,5

13

29,5

SEJOUR ITINERANT

6,5

3

10,5

7


3. Comment les jeunes voyagent

3.1 Les modes de transport

La voiture est d'assez loin le premier mode de transport des jeunes, comme elle l'est pour l'ensemble de la population, mais dans une moindre proportion. Suivant la saison, de 46 à 49,5 % des jeunes utilisent la voiture pour leurs vacances.

Le train vient en seconde position avec une très grande régularité suivant les saisons (environ 27 %) sauf l'été où il n'est utilisé que par 18 % des jeunes.

De façon générale, on peut d'ailleurs noter que les jeunes utilisent sensiblement plus les modes de transport collectifs (train, avion, autocar, bateau) que la moyenne de la population.

Il convient par ailleurs de noter que l'été la voiture est naturellement beaucoup plus utilisée pour les séjours en France (71,5%) qu'à l'étranger (27,5%) alors que, à l'inverse l'avion est davantage utilisé pour les séjours à l'étranger (30%) que pour ceux en France (12,5%). Ces chiffres se rapprochent, sans les atteindre, des chiffres de l'ensemble de la population qui utilise à 85% la voiture pour les vacances en France et à 39% l'avion pour celles à l'étranger.

Les différences de modes de transport selon les tranches d'âge sont relativement faibles : nous pouvons relever que l'été les 14-17 ans voyagent davantage avec le car (9%) mais moins avec le train (14%) et que c'est au contraire la tranche des 18-21 ans qui utilise le plus le train (21,5%).

Modes de transports selon les saisons

 

 

 

Hiver

 

Printemps

Eté

Automne

TRAIN

27

27,5

18

27,5

AUTO

46

49,5

47,5

46,5

CAR

13

6,5

7

7,5

MOTO

 

1

2

1

STOP

 

1

1

2

AVION

12

12

18,5

13

BATEAU

1,5

2

5,5

2,5

AUTRE

0,5

0,5

0,5

 

Modes de transport en été

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

TRAIN

18

14

21,5

18,5

AUTO

47,5

49

46,5

44

CAR

7

9

5,5

6,5

MOTO

2

2

1,5

2

STOP

1

 

1,5

2,5

AVION

18,5

18,5

18,5

20,5

BATEAU

5,5

7

4

5,5

AUTRE

0,5

0,5

1

0,5

3.2. Les types d'hébergement utilisés

Ils font, comme pour l'ensemble de la population, la part belle aux hébergements "gratuits", résidences principales et secondaires de parents ou amis, puisque selon les saisons ils représentent de 42,5% (l'hiver) à 65,5% (l'automne). L'été ils représentent 45,5% contre 50% pour l'ensemble de la population. Les variations suivant les saisons sont assez fortes, avec une part importante de la location l'hiver (28%), du camping caravaning l'été (21,5%) et une place non négligeable des auberges de jeunesse et hébergements équivalents (7,5% l'hiver et 6,5% au printemps).

Les différences sont grandes entre la France et l'étranger pour ce qui concerne l'hôtel et les locations. L'hiver, l'hôtel est utilisé dans 26,5 % des cas à l'étranger contre 5,5 % en France et, à l'inverse, les locations représentent 32 % en France, mais seulement 16,5 % à l'étranger. L'été, l'hôtel est fréquenté par 12,5 % des jeunes en vacances à l'étranger contre seulement 4 % pour ceux qui restent en France.

Enfin, sur ce chapitre, le camping caravaning est plus utilisé en France (23,5 %) qu'à l'étranger (16 %).

La part annoncée des centres de vacances est faible mais la rubrique "autres" comprend également des hébergements de ce type ainsi que des formules en séjours linguistiques.

Nous devons enfin accorder une certaine importance au fait que 16,5% des répondants indiquent avoir pris des vacances dans la résidence principale de parents. La nuance entre résidence des parents ou de parents n'a peut être pas été perçue par tous les jeunes enquêtés et nous nous demandons s'il n'y a pas là aussi une incidence sur le nombre global de jeunes ayant déclaré "être parti en vacances".

 

Il est en tout cas clair qu'une part non négligeable de jeunes (8% l'été et l'hiver, 10% au printemps et 17% l'automne) vont en vacances dans la résidence principale de parents.

 

Types d'hébergement toutes destinations confondues

 

Hiver

 

Printemps

Eté

Automne

HOTEL

10,5

7

6

11

LOCATION

28

17

14

5

RESID PRINCIPALE PARENTS

8,5

10,5

8

17,5

RESID PRINCIPALE AMIS

12

8,5

12,5

16

RESID SECOND PARENTS

16,5

23

15,5

22

RESID SECONDAIRE AMIS

5,5

12,5

9,5

10

TENTE

0,5

4

16,5

1,5

CARAVANE, CAMPING CARAV

1,5

1

5

1

VILLAGE VAC, CLUBS VAC, HOTELS CLUBS

2

2

3

3,5

AUBERGE DE JEUNESSE

7,5

6,5

3

4,5

CENTRE DE VACANCES

1

2

2

0

AUTRES

6,5

6

5

8

3.3 Budget des vacances


Le budget des vacances des jeunes varie très sensiblement, bien-sûr, suivant les saisons, la durée des séjours et la destination variant elles-mêmes beaucoup selon ces dernières.

Nous pouvons néanmoins relever dans un premier temps que, en moyenne, ce sont les trois tranches inférieures à 3 000 francs qui ont constitué le niveau majoritaire du budget vacances par séjour, avec des nuances très sensibles suivant les saisons.
  • Hiver 71%
  • Printemps 85%

  • Eté 53,5% (mais 10% des jeunes annoncent deux séjours dans ces tranches de budget)

  • Automne 84%

Les vacances prises en automne sont en outre les moins chères puisque, pour 62,5% des jeunes en ayant pris à ce moment là, le budget a été inférieur à 1 000 francs.

Arrêtons nous plus en détail sur le budget des vacances d'été.

Budget des vacances d'été
 

Jeunes +de

Echantillon

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

 

2 séjours

       

<1000

4,5

27,5

25,5

29,5

26,5

1000 à 2000

3

20,5

21,5

18,5

26

2000 à 3000

2,5

15,5

11,5

18,5

13

3000 à 4500

2

12,5

12

13

13,5

4500 à 6000

1,5

9,5

9,5

7,5

11,5

6000 à 8000

0,7

5

4,5

6

3,7

8000 à 10000

0,6

3

4

2,8

2,2

>10000

 

6,5

11,5

4,2

3,6

* Le pourcentage de jeunes ayant effectués plus de 2 séjours (1ère colonne) est inclus dans les résultats de l'échantillon global (2ème colonne).

Le premier constat que l'on peut faire est que l'énorme majorité des jeunes dépense moins de 6 000 francs pour un séjour de vacances l'été. Par ailleurs, la différence entre les tranches d'âge est assez faible bien que nous puissions voir que c'est dans la tranche d'âge la plus jeune que se situent le plus de séjours supérieurs à 6 000 francs. La première explication réside dans le fait que c'est l'âge où les parents paient la plus grande part des vacances

(94% des séjours de 10 000 francs et plus)
La seconde explication réside dans le nombre non négligeable de séjours effectués par les plus jeunes dans les pays hors d'Europe et notamment en Amérique du Nord, se situant dans cette gamme de prix élevée.

Il est par ailleurs utile de préciser que les séjours d'été en France se sont situés en dessous de 6 000 francs pour 84% d'entre eux, contre 73% pour les séjours à l'étranger. Examinés par tranches de montants, les séjours en France à moins de 1 000 francs ont été exactement quatre fois plus nombreux que ceux à l'étranger, deux fois plus nombreux pour la tranche 2 000 à 3 000 francs et que, au contraire, au delà de 6 000 francs, ce sont les séjours à l'étranger qui ont été les plus nombreux.

3.4. Qui a payé les vacances ?


Les parents restent pour les jeunes un financeur important de leurs vacances, mais avec, naturellement, une part extrêmement différente selon la tranche d'âge.
Pour les 14-17 ans, c'est la part essentielle, alors qu'il faut attendre la tranche des 22-25 ans pour que le jeune paye lui-même la plus grande part de ses vacances. Cet aspect de l'enquête traduit bien la prise d'indépendance financière progressive du jeune par rapport à sa famille.

Qui a financé les vacances d'été ?
 

Echantillon

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

         

VOUS-MEME

27,5

6

37,5

56,5

VOUS ET VOTRE FAMILLE

27

22

30

28

VOTRE FAMILLE

40

64

28

12

CH, BOURSES, COM ENTR

5,5

8

4,5

3,5

Qui a financé les vacances d'hiver ?

 

Echantillon

 

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

VOUS-MEME

24

6,5

30,5

52,5

VOUS ET VOTRE FAMILLE

21,5

16,5

23

28,5

VOTRE FAMILLE

49,5

69,5

42,5

18

CH, BOURSES, COM ENTR

5

7,5

4

1

Les vacances prises durant l'automne, qui sont les moins chères comme nous l'avons déjà vu, sont aussi les seules pour lesquelles ce sont les jeunes, toutes tranches d'âge confondues, qui en payent la plus grande part. Ceci explique cela.

En examinant cette question par tranches de budget, constatons que, l'hiver, la part de séjours financée par la famille seule dépasse les 70% dès la tranche 3 000 à 4 500 francs et au dessus, alors qu'elle n'est que de 36% pour la tranche inférieure à 1 000 francs. Ce ne sont donc clairement pas les vacances d'hiver qui sont le fruit du travail de la majorité des jeunes.

Il en va différemment de l'été où ce n'est que pour les séjours supérieurs à 8 000 francs que la famille paye seule (61% pour la tranche 8 000 à 10 000 francs, et 80% pour la tranche supérieure). Jusqu'à la tranche 3 000 à 4 000 francs, un jeune sur trois paye d'ailleurs lui-même son séjour.

 

3.5. Par quels moyens le jeune a-t-il financé lui-même ses vacances

Les deux tiers des jeunes ayant participé à tout ou partie du paiement de leurs vacances l'ont fait par le biais d'emplois saisonniers ou à temps partiel.
Mais, en outre, il faut relever la part importante (1/3) prise par les comités d'entreprise dans le paiement des séjours.

Mode de financement des vacances

 

Echantillon

 

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

EMPLOI SAISONNIER

51

23,5

57

53

EMPLOI A TEMPS PARTIEL

14,5

11

13,5

22

EMPLOI A TEMPS PLEIN

1,5

 

1,5

3

AUTRES

33

65,5

28

22


 


4. Les vacances, pourquoi faire ?

 

4.1. Les éléments déterminants du choix du séjour

Ce chapitre est sans doute l'un des aspects les plus intéressants des réponses fournies par les jeunes et il est bien agréable de constater que ce sont les motivations matérielles qui viennent au dernier rang (citées par 30% des jeunes). Cela n'empêche pas que les prestataires de service constatent quotidiennement le désir des jeunes en voyage d'avoir tout de même un niveau de confort acceptable, mais en tout cas, ce n'est pas un but en soi.


Les deux motivations principales sont d'abord tout ce que nous pourrions classer dans le champ de la convivialité (le repos, le fait de partir à deux ou en groupe, la visite à la famille ou à des amis et le désir de rencontres), cité par 89% des jeunes, puis le désir de découverte (recherche du dépaysement, de la découverte, beauté ou caractère exceptionnel du site, réputation du site) mentionné par 75% des jeunes.


La troisième grande motivation est tout ce qui suppose une implication personnelle du jeune (désir de se cultiver, apprendre une langue étrangère, pratiquer un sport ou une activité de plein air, poursuivre un but religieux), cité par 62% des jeunes.


Etant entendu que plusieurs réponses étaient possibles, voici les motivations citées par les jeunes pour arrêter leurs destinations de vacances :

14% citent les qualités matérielles

24% citent les prix attractifs

27% citent le désir de se cultiver

15% citent une motivation linguistique

45% citent la pratique d'un sport

2% citent un but religieux ou philosophique

53% citent le repos/farniente

49% citent le fait de partir à plusieurs

41% citent la visite à famille ou amis

36% citent le désir de rencontres

61% citent le dépaysement, la découverte

51% citent la beauté ou le caractère exceptionnel d'un site

21% citent la réputation

12% autres

Les différences de motivation selon les tranches d'âge ne sont pas considèrables. Encore pouvons nous constater que la motivation (ou l'obligation ?) linguistique est plus grande chez les 14-17 ans (21%), de même que le poids de la réputation d'un site (25%).

Chez les 18-21 ans, le prix est important (27%), manque de moyens oblige, de même que le désir de se cultiver (29%), la pratique d'un sport ou d'une activité de plein air (47%), et la recherche du repos ou du farniente (56%).

Chez les 22-25 ans, ce sont la recherche du dépaysement (63%) et la beauté du site (54%) qui se détachent par rapport aux plus jeunes.

Les motivations diffèrent par ailleurs assez peu d'une saison à l'autre, à deux exceptions près

  • l'hiver, l'attrait d'une pratique sportive (le ski en l'occurrence) est le double des autres saisons et à l'inverse l'aspiration au repos est deux fois moindre,
  • le désir de retrouver la famille ou des amis est beaucoup plus net pour les vacances de printemps et d'automne que pour l'hiver et l'été où les vacances sont plus orientées sur l'implication personnelle.

Sans prétendre en trier des enseignements trop hasardeux, on peut tout de même dire que toutes ces motivations donnent une image assez conviviale, curieuse et... classique des jeunes en vacances.

4.2. Avec qui les jeunes sont-ils partis en vacances


S'ils ne renaclent pas à partir seuls, et particulièrement pour les vacances prises en automne, les vacances sont malgré tout et avant tout, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, un temps fort de convivialité et donc de vie avec les autres.

Si une majorité de l'échantillon indique être partie en vacances au moins une fois avec les parents, il en va en fait très différemment suivant les tranches d'âge au cours desquelles les jeunes prennent progressivement leur autonomie par rapport aux parents.

Pour les 14-17 ans, les vacances d'été sont prises dans 54% des cas avec les parents, alors que ce n'est plus le cas que de 31% des 18-21 ans et 19% des 22-25 ans.

Outre les séjours avec les parents, les séjours en groupe - constitués ou non, petits ou grands - représentent, suivant les saisons, du quart au tiers des séjours de vacances, ce qui est considèrable. C'est dans les deux tranches d'âge supérieures (et notamment les 22-25 ans) que l'attrait des vacances en groupe est le plus fort, et que, tous âges confondus, c'est durant l'hiver que l'on part le plus en groupe. Ce fait est à rapprocher des modes de transport utilisés qui, l'hiver plus qu'à toute autre période, sont pour une forte minorité les transports collectifs (train et car).

Echantillon 14 - 17 ans

 

hiver

print.

été

autom

hiver

print.

été

autom

SEUL

10

11

13

21

10

10

13

13

AMI/CONJ

18

21

23

22

7

11

16

23

PARENTS

38

42

39

33

55

56

54

56

GROUPE

34

26

25

24

28

23

18

8

 

18 - 21 ans 22 - 25 ans

 

hiver

print.

été

autom

hiver

print.

été

autom

SEUL

10

11

13

23

12

12

14

37

AMI/CONJ

22

28

27

21

32

27

32

25

PARENTS

32

37

31

21

13

19

19

17

GROUPE

36

24

28

35

42

42

36

20


5. L'organisation des vacances

5.1. Qui a organisé les vacances ?


Là aussi la lecture trop rapide de l'échantillon donnerait une image fausse de la réalité selon les tranches d'âge.
Le rôle des parents dans l'organisation des vacances est inversement proportionnel à l'âge des jeunes alors que, à l'inverse, l'organisation avec des amis ou seul représente l'énorme majorité des cas chez les 22-25 ans.

Rien d'étonnant à cela, mais nous pouvons nous rendre compte que c'est tout de même bien autour des 18 ans que se situe la ligne de partage entre absence d'autonomie et autonomie ; les raisons en sont bien-sûr plus profondes que la seule limite de la majorité légale.

Qui a organisé les vacances?

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

Vous même

28

14,5

35

45

Vous + vos parents

40

64,5

28

12

Vous + des amis

32

21

37

43

5.2. L'utilisation des prestataires de services touristiques

Comme pour l'ensemble de la population française, les jeunes font peu appel aux organismes de tourisme ou aux organismes intermédiaires puisque, selon les saisons, ils sont de 14 à 23% dans ce cas. C'est tout de même un chiffre supérieur à la moyenne de la population pour laquelle il s'établit à environ 4 % pour les vacances en France et 22 % pour les séjours à l'étranger l'été.

Il nous faut aussi relever que c'est pour les vacances d'été qu'il est le plus fait appel aux prestataires de services (23% du total) ce qui constitue tout de même un résultat intéressant si nous considèrons le volume des jeunes voyageant à cette saison.

Si nous examinons maintenant le détail des séjours de ceux ayant utilisé ces services, une constatation s'impose : les organisations spécialisées de vacances de jeunes y occupent une place loin d'être négligeable (de loin la première pour l'hiver, et pour un cinquième du total au printemps et en été).

Les agences de voyage et, dans une mesure moindre - mais loin d'être ridicule -, les associations de tourisme s'accaparent à elles deux la plus grosse part.

Viennent ensuite les comités d'entreprise qui, à l'exception de l'automne, sont intervenus pour une part assez stable de ces séjours organisés (de 14,5 à 18%).

 

Appel à des services d'organisations spécialisées

Echantillon

Hiver

 

Printemps

Eté

Automne

OUI

20

15

23

14

NON

80

85

77

86

         
         

Quelles organisations spécialisées ?

Echantillon

Hiver

 

Printemps

Eté

Automne

AGENCE

19

27

31,5

61

ASSOCIATION

16,5

21

12,5

27

ORG POUR JEUNES

33,5

20

19,5

6

COMITE ENTREPRIS

14,5

18

16,5

0

CIE DE TRANSPORT

3,5

5,5

10

6

AUTRES

13

8,5

10

 

Hiver Printemps Eté

 

14-17

18-21

22-25

14-17

18-21

22-25

14-17

18-21

22-25

AGENCE

15,5

19

32,5

17,5

40

33,5

21

39

46,5

ASSOCIATION

17,5

14,5

19

25

18

11

13,5

12,5

11,5

ORG SPECIAL. DE TOUR DE JEUNES

36

37

10,5

17,5

25,5

15

21

19

11,5

COMITE D'ENTREPRISE

15,5

15,5

5

32,5

   

22,5

13

3

COMPAGNIE DE TRANSPORTS

 

5

12

 

11

15

11,5

8,5

11,5

AUTRES

15,5

9

21

5,5

7,5

25,5

10,5

8

16

* Le détail des résultats d'automne n'est pas mentionné, car il n'est pas significatif

5.3. L'information préalable

Nous avons demandé aux sondés si, quel qu'ait été le mode d'organisation de leurs vacances, ils avaient eu recours à une information préalable.

Or, il en ressort que les jeunes sont sensiblement plus nombreux à avoir recherché une information qu'à avoir utilisé les services des prestataires. Cela dénote bien un souci d'information qui se conjugue à la volonté d'avoir des vacances "indépendantes" et à un coût maîtrisé.

C'est principalement pour les vacances d'été que les jeunes font cet effort d'information (42%), alors que c'est moins vrai pour les autres saisons, où, ne l'oublions pas, la part des séjours en hébergements gratuits - dans la famille ou chez des amis - est plus forte (sauf l'hiver).

De même pour l'été, si nous tenons compte de ces destinations familiales ou amicales qui représentent, nous l'avons vu, 45%, nous pouvons dire que ce sont finalement une grande majorité de jeunes qui cherchent à s'informer, ce qui traduit incontestablement un certain soin à choisir sa destination et à préparer son voyage.
L'information s'équilibre bien entre celle demandée à des agences ou organismes de tourisme et l'achat de guides de voyages.
Ce sont bien-sûr les plus âgés qui ont davantage acheté des guides.
Remarquons enfin le faible écart, l'été par exemple, entre ceux qui ont demandé une information à une organisation de tourisme ou un prestataire (26,5%) et ceux qui ont réellement utilisé les services de ces derniers (23%). Cela tendrait à démontrer que la démarche vers le prestataire est déjà bien réfléchie et a bien pour objet l'achat d'un séjour ou voyage.

L'information préalable
 

Hiver

 

Printemps

Eté

Automne

INFO AGENCE OU AUTRE.

9,5

6

13,5

10

CONTACT AGENCE OU AUTRE

10

12,5

13

7

ACHAT GUIDES

10

6

15,5

5

RIEN

70,5

75,5

58

78


Voilà donc ce qu'ont été les vacances des jeunes de notre échantillon au cours de l'année 1993.

Elles ont été découpées, variées, tournées vers l'étranger, ouvertes sur les autres et à des coûts modérés mais non uniformes.
Ces vacances sont-elles pour autant celles dont rêvent les jeunes ?

C'est ce que nous nous sommes efforcés de savoir en demandant à nos jeunes questionnés quels étaient leurs souhaits de vacances pour 1994.


II - LES SOUHAITS DE VACANCES : DE LA REALITE AU REVE

 

6. - Les prévisions de vacances ?

6.1. La réponse


Comme nous le découvrons dans les tableaux ci-dessous, il est bien évident que, quasiment tous les jeunes, escomptent bien pouvoir partir en vacances au moins une fois en 1994 : le contraire eût été étonnant. Moins de 3 % des jeunes questionnés pensent qu'ils ne prendront pas de vacances en 1994, qui se trouvent en totalité chez les plus de 18 ans.
Comme pour les vacances réellement prises en 1993, les 14-17 ans ne semblent pas avoir la moindre hésitation sur le fait qu'ils prendront des vacances, ou en tout cas qu'ils ne peuvent envisager de ne pas en prendre.

 

6.2. - A quelle saison ?


Il est étonnant de constater que le nombre de ceux qui pensent prendre des vacances d'été (84,5 %) est exactement le même que celui de ceux qui ont pris des vacances d'été l'année précédente (85 %), et que c'est aussi chez les plus jeunes que cette prévision est la plus marquée.

Nous remarquons de nouveau le souhait d'une part non négligeable des plus âgés, de prendre également des vacances hors saison, et tout particulièrement en automne.
Vacances d'été ou pas ?
 

Echantillon

 

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

Oui

84,5

93

80

81,5

Non

15,5

7

20

18,5

Sinon, à quelle saison ?

 

Echantillon

 

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

HIVER

42

60

41

33

PRINTEMPS

12

20

10

15

AUTOMNE

28,5

20

29,5

31

PAS DU TOUT

17,5

0

19,5

21

6.3. - Où ?

La question a été posée pour les vacances d'été.

6.3.1. - La France ou l'étranger ?

Une proportion importante (41,3 %) de jeunes souhaite aller prendre ses vacances à l'étranger, ce qui dépasse la réalité de l'été précédent (34 %). L'attrait de la découverte, du voyage proprement dit, reste donc plus que jamais un aspect fort des vacances de jeunes.

Relevons aussi que les jeunes de 22 à 25 ans sont même autant à vouloir passer leurs prochaines vacances à l'étranger qu'en France (49/51).

La France ou l'étranger ?

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

FRANCE

58,7

60

59,2

51

ETRANGER

41,3

40

40,8

49

6.3.2.- En France

Les différences entre la réalité de 1993 et les souhaits pour 1994 ne sont pas si considérables. Il faut pourtant noter que la montagne (tous massifs confondus) attire les jeunes plus qu'elle ne les a accueillis durant l'été 1993 ; c'est particulièrement vrai pour les 22 à 25 ans, dont un tiers souhaite aller à la montagne.

Une autre différence faible réside dans le fait que davantage de jeunes souhaitent aller sur le littoral atlantique et en Bretagne, et légèrement moins sur le littoral méditerranéen.

Enfin, on ne peut ignorer que la campagne attire moins (de 7 à 11,5 %) qu'elle n'a accueilli de jeunes un an auparavant (de 11 à 16 %). On ne peut donc exclure que, malgré tout son attrait, la campagne - et notamment du fait des résidences secondaires - ne soit pour un certain nombre de jeunes, la destination "faute de mieux".

Où en France ?

COTE NORMANDE

3,5

3,5

3,5

1,5

BRETAGNE

10

10

11

7,5

COTE ATLANTIQUE

19,5

17,5

22

15,5

LITTORAL MED.

24

26

22,5

20,5

ALPES

13

11

14

15

PYRENEES

5,5

6

4

11

AUTRES MASSIFS

4

3,5

4

8

CAMPAGNE

9

11,5

8

7

PARIS

3,5

4

3

4

AUTRE VILLE

4,5

5,5

3

4

DOM TOM

3,5

1,5

5

6

6.3.3. - A l'étranger

La première constatation est que le souhait des jeunes serait d'aller davantage à l'extérieur de l'Europe qu'ils ne l'ont fait en 1993 (43 % contre 27 %) et tout particulièrement aux Etats-Unis/Canada (16,5 % contre 9,3 % en 1993). L'attraction du mythe américain reste donc bien réelle et surtout chez les 14-17 ans, qui sont exactement 2 fois plus nombreux à espérer aller aux Etats-Unis.

En Europe, les pays du littoral méditerranéen attirent dans la même proportion que ce qui a été la réalité de 1993, soit près de 54 % de l'ensemble du vieux continent.

Ainsi que nous pourrons le voir dans le tableau ci-dessous, les variations des souhaits de destination sont aussi très sensibles entre les différentes classes d'âge.
 

Echantillon

14 - 17 ans

18 - 21 ans

22 - 25 ans

ESPAGNE

13,5

8,5

17,5

12,5

PORTUGAL

4

5

3,5

2,5

IRLANDE

4,5

3,5

4,5

5

GRANDE BRETAGNE

6

8

5,5

3,5

ITALIE

10

12

10

3

SUISSE

0,5

   

3

BENELUX

1

 

2

1

SCANDINAVIE

3

4

2

4,5

ALLEMAGNE

5

9,5

3

1

GRECE

5,5

7,5

4,5

6,5

TURQUIE

1,5

 

2

4

EUROPE EST

2

 

3

3,5

ETATS UNIS

12

15

11,5

7,5

CANADA

3,5

1

3,5

8,5

AUTRE AMERIQUE

1

 

1

3,5

AUSTRALIE

2

3,5

1

2,5

TUNISIE

3,5

1,5

4,5

4

MAROC

6

9

3,5

5

ALGERIE

1

1

0,5

2

INDE

1,5

1

1,5

1

CHINE

1

 

1,5

1

ISRAEL

0,5

 

1

 

EGYPTE

1

 

1

 

AUTRES

10,5

10

12

14

6.4. - Pour quoi faire ?

Nous retrouvons dans ces réponses quelques-unes des tendances constatées dans l'analyse des vacances passées (attrait du dépaysement, désir de se cultiver, désir de rencontres...).

 

Cependant, les jeunes enquêtés donnent une place beaucoup plus grande au souhait de se reposer ou au contraire de pratiquer une activité sportive ou de plein air, laissant ainsi apparaître la volonté de, peut-être, plus s'occuper de soi-même. L'attrait du groupe semble moins fort que ce qui a été vécu l'année précédente. Ne peut-on en déduire que cet aspect de convivialité, de vie en groupe n'apparaît être une qualité qu'après coup - si tel a été le cas - mais que ce n'est pas un élément déterminant pour le choix d'un séjour de vacances ?

Enfin, le motif linguistique ne fait pas recette, bien qu'il soit finalement le but de bon nombre de séjours des plus jeunes à l'étranger. Nous pouvons en déduire sans trop de risques de se tromper, que le séjour en Angleterre est peut-être nécessaire... mais à condition qu'on ne parle pas de cours !

Pour quoi faire ?

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

SE CULTIVER

6

4

6

9,5

REPOS

25,5

26

26

22,5

APPRENDRE UNE LANGUE

2,5

2,5

2,5

2

SPORTS/ACT PLEIN AIR

17

16,5

17

19

RENCONTRES

6,5

5,5

7

7

DECOUVERTES

17,5

12,5

19,5

24

VIVRE EN GROUPE

1,5

3

1

0,5

AUTRES

23,5

30

21

15,5

7.LES VACANCES D'ETE : AVEC QUI ET COMMENT ?

7.1. - Avec qui ?

Les réponses sont ici fort intéressantes puisque, d'une façon très générale, les jeunes font part d'un souhait très net de prendre leurs vacances d'été avec un ami, un conjoint ou en groupe (constitué ou non), mais surtout pas trop avec les parents (13 % contre 39 % pour les vacances réalisées en 1993). Ce désir d'émancipation est très perceptible chez les plus jeunes, mais n'est pas moins sensible chez leurs aînés qui n'ont pu encore faire autrement...

Avec qui ?

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

SEUL

6

6

5,5

6,5

AMI/CONJOINT

42

36,5

44,5

48,5

PARENTS

13

18,5

11

6

GR AMIS OU CONSTITUE

39

39

39

39

7.2. - Quel type d'hébergement serait utilisé ?

Le même désir d'indépendance apparaît nettement au travers de cette question, puisque davantage de jeunes souhaitent pouvoir utiliser une location, le camping, les auberges de jeunesse, les villages de vacances et moins les résidences principales et secondaires des parents et amis (34,5 % contre 45 % en 1993).

Là aussi, il est flagrant que les pesanteurs économiques et financières contraignent les jeunes à avoir une pratique de vacances quelque peu différente de ce qu'ils souhaiteraient idéalement.

 

Quel type d'hébergement ?

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

HOTEL

7,5

8,5

6

12

LOCATION

15,5

16

15

16

RES PRINC PARENTS

6,5

6,5

6,5

6,5

RES PRINC AMIS

10

8

11,5

10,5

RES SECOND PARENTS

10,5

13

10

6

RES SECOND AMIS

7,5

10

6

8

TENTE

21

17,5

23

20,5

CARAV/C. CAR

4

4

4,5

4,5

VV, HOTELS CLUBS

4,5

6

4,5

1,5

AJ/CIS

7,5

4,5

9

8,5

CENTRE VAC

1

2,5

   

AUTRES

4,5

3,5

4

6

7.3. - Le budget

43 % des jeunes estiment pouvoir consacrer moins de 3000 francs à leurs vacances d'été, alors qu'ils avaient été 53 % dans ce cas en 1993. Ils sont beaucoup plus nombreux (35,5 %) à estimer pouvoir consacrer de 3000 à 6000 francs, que ce qu'ils avaient été en 1993 (22 %). Une minorité loin d'être négligeable estime pouvoir consacrer plus de 10.000 francs.
Il y a donc de toute évidence, là également, un écart entre ce que les jeunes espèrent ou estiment pouvoir consacrer à leurs vacances et la réalité économique qui est la leur et/ou celle de leur famille.

C'est chez les 18 à 21 ans que cet écart entre souhait et réalité est le plus large puisqu'ils avaient été 66,5 % à avoir un budget inférieur à 3000 francs pour leurs vacances d'été 1993 alors qu'ils ne sont que 42,5 % à s'y trouver dans leurs prévisions pour 1994.

 

Budget espéré pour vacances d'été

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

- de 1 000

5,5

9

4

1,5

1 000 à 2 000

20

23,5

19,5

11,5

2 000 à 3 000

17,5

14,5

19

17

3 000 à 4 500

22

21,5

21,5

27

4 500 à 6 000

13,5

10,5

14,5

16

6 000 à 8 000

8,5

5

9,5

13

8 000 à 10 000

3

2

4

2,5

+ de 10 000

10

14

8

11,5

7.4. - L'utilisation de prestataires de services

La réponse est ici très proche de ce qu'a été la réalité de 1993 puisqu'un jeune sur cinq déclare escompter partir en vacances par l'intermédiaire d'un organisme de voyages, alors qu'ils avaient été 23 % en 1993 dans ce cas.

 

Utilisation de prestataires de services

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

OUI

20

22,5

19

16

NON

80

77,5

81

84

Il a en outre été demandé aux jeunes sondés de citer les organismes ayant leur faveur. La rigueur nous oblige à dire que peu d'organismes ont été naturellement cités, à l'exception de Nouvelles Frontières - et encore par un nombre assez faible de jeunes. Quelques autres noms ont été cité par quelques jeunes : l'U.C.P.A., Vacances pour Tous, Aquarius, FUAJ...
Le travail de communication vers ce public a sans doute besoin d'être sérieusement intensifié !

 

7.5. - Quand les jeunes décident-ils définitivement ce que seront leurs vacances d'été ?

La réponse à cette question rejoint la constatation faite par tous les professionnels du tourisme : les décisions et donc les inscriptions sont tardives puisque seuls 29 % des jeunes savent plus de 3 mois à l'avance ce qu'ils feront pendant les vacances, et que 27 % décident au dernier moment.

Cette tendance est encore plus forte pour les deux tranches d'âge supérieures, qui sont, nous l'avons vu, celles où les parents sont le moins impliqués et où, de toute évidence, le désir d'improvisation et de liberté est très fort.

Réservation des vacances d'été

 

Echantillon

 

14-17 ans

18-21 ans

22-25 ans

Plus de 3 mois à l'avance

29

42

23

16

Entre 1 et 3 mois à l'avance

44

41

46

47

Au dernier moment

27

17

31

37


CONCLUSION

 

D'autres questions auraient pu être posées. Un travail plus approfondi devra être mené dans les prochains mois sur les résultats très riches, fournis par l'enquête.

Mais, quoi qu'il en soit, cette synthèse des résultats de notre enquête nous donne ou nous confirme nombre d'enseignements.

  • Tout d'abord, il est impératif de bien séparer, lorsque l'on parle de vacances ou de tourisme de jeunes, ce qui concerne les moins de 18 ans de ce qui concerne leurs aînés. Les différences sont souvent trop importantes pour que nous continuions à en faire un tout homogène. Il apparaît clairement que les jeunes de 14 à 17 ans ont une pratique des vacances et que les jeunes de 18 à 25 ans en ont une autre, même si, à l'intérieur de cette tranche d'âge, il n'y a aussi une évolution des pratiques.
  • Les jeunes partent plus souvent en vacances que l'ensemble de la population ; ils partent aussi plus de jours par an, et les plus âgés d'entre eux n'hésitent pas à étaler leurs vacances, notamment avant et après l'été.
  • Ils partent plus en groupe, même s'il s'agit souvent de groupes d'amis et non de groupes constitués par un organisme, et ils utilisent davantage les transports en commun que la moyenne de la population. Cela ne devrait pas manquer d'être un élément intéressant de discussion avec les transporteurs.
  • La convivialité et le désir de découvertes les guident souvent dans le choix de leurs vacances ; c'est une confirmation et cela démontre encore une fois que les vacances de jeunes et leurs voyages sont porteurs de valeurs de rencontres dont l'importance est loin d'être négligeable pour nos sociétés.

L'attrait de l'étranger est également fort, même s'il n'est pas majoritaire, avec tout son cortège de besoins spécifiques.

  • Les jeunes font davantage appel à des prestataires de services, où les organisations spécialisées du tourisme de jeunes trouvent une belle place, et où les associations sont également souvent citées. Cela semblerait démontrer qu'il y a bien, pour une bonne part, une certaine spécificité des vacances de jeunes.
  • Mais, comme souvent, il y a un écart entre les vacances réelles et les vacances rêvées. Le rêve c'est encore plus de voyages, et plus de liberté. La réalité, c'est une contrainte économique et financière qui pèse d'autant plus sur les jeunes qu'ils quittent la dépendance familiale... qui ne manque pas de moyens.

Les vacances des jeunes, dans leur diversité sont donc bien un temps fort de leur vie et il faut vraiment que les contraintes soient fortes pour qu'ils ne parviennent pas à en prendre au moins une fois l'an.

N'oublions pas, cependant, qu'il y a encore trop de jeunes qui ne peuvent partir en vacances, malgré les aides existantes (et notamment celle considérable des comités d'entreprise).

 

Cette enquête ayant pour objet d'examiner les vacances elles-mêmes, nous avons peu parlé de ces jeunes qui n'en prennent pas. Ce n'est naturellement pas par désintérêt de la part de l'UNAT, qui considère au contraire que l'accès aux vacances doit être vrai pour tous les jeunes, comme, plus largement, pur toute personne qui y aspire.

Sans prétendre apporter une conclusion définitive sur une activité qui ne peut-être que fluctuante, il n'en apparaît pas moins qu'il y a une certaine spécificité des vacances des jeunes. Peut-on parler pour autant de tourisme de jeunes ? Le débat reste et restera ouvert, mais si nous juxtaposons l'existence d'un fort segment de la population, un certain nombre de pratiques et d'attentes spécifiques, et l'existence-prisée par les jeunes eux-mêmes, comme nous l'avons vu-d'organismes spécialisés de tourisme de jeunes, il n'est tout de même pas excessif d'affirmer que ces domaines des vacances et du tourisme de jeunes constituent bien un secteur original ayant sa propre identité


FICHE TECHNIQUE

 

L'enquête a été menée auprès de 1149 jeunes, au cours du 1er trimestre 1994.

Le redressement et le traitement informatique des résultats de l'enquête ont été effectués par la SOMIVAL, à Clermont-Ferrand.

De l'échantillon redressé, nous pouvons aussi relever les données suivantes :

  • Sexe Masculin 44,7 Féminin 55,3
  • Lieu de résidence principale

     

    Moins de 2 000 habitants

    16,9

    2 000 à 20 000

    36,5

    20 à 100 000

    22,7

    Plus de 100 000

    13,4

    Paris Ville

    10,5

     

  • Où les jeunes vivent-ils ?

    CHEZ LES PARENTS

    Echantillon

    14-17 ans

    18-21 ans

    22-25 ans

    OUI

    82,5

    97,5

    80,5

    45

    NON

    17,5

    2,5

    19,5

    55

    SEUL

    10,5

     

    11,5

    36

    EN COUPLE

    3,5

     

    4

    15

    AVEC AMIS/COLLEGUES

    2

    0,5

    2,5

    4

    DANS UN FOYER

    1,5

    2

    1,5

     

REMERCIEMENTS

 

Ils sont adressés à toutes les personnes et aux organismes ayant contribué à la mise au point du questionnaire, puis à l'enquête elle-même.

MM. Georges CAZES, Professeur à la Sorbonne

Jean FROIDURE, Professeur Honoraire à l'Université de Toulouse Le Mirail

Aimé MUCCI et Michel Balfet, Professeur à l'Université de Toulouse Le Mirail

Pierre VITTE, Professeur à l'Université de Clermont-Ferrand

M. Alain PONROY, étudiant à la Sorbonne

Mlles Caroline MIGNON, Karine MILON et M. Renaud QUESADA, étudiants en BTS Tourisme à l'ENC Bessières

MM. Jean DUPUIS et Yves SINGER, membres du Groupe Scientifique de l'UNAT.

 

Le comité d'entreprise de la SNCF et le CECOREL, les associations A.T.C., VVF, OCCAJ Jeunes, Ligue Française de l'Enseignement, MIJE, UFCV, Le Comité de Secteur Tourisme de Jeunes de l'UNAT, les enseignants des collèges et lycées et de l'ENC Bessières ayant diffusé le questionnaire.

 

L'UNAT exprime également ses remerciements au Ministère de l'équipement, des transports et du Tourisme avec l'aide financière de qui cette enquête a été possible, et à la Banque Française de Crédit Coopératif qui en a permis la diffusion.

 

Cette synthèse a été réalisée par M Jean Marc Mignon, délégué général de l'Unat.


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