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| Etude sur la poursuite du plan de rénovation du patrimoine des associations de tourisme pour les années 1995 A 1999 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Etude réalisée par Monsieur Pierre Barde avec le concours financier de la Direction du tourisme. Date d'édition : décembre 1994 Avant proposLa rénovation du patrimoine des associations de tourisme est, depuis plusieurs années, l'une des priorités essentielles du secteur.L'étude Unat-Codatel puis le rapport rédigé par J.Ravanel et G.Bullat en 1988 ont permis de révéler la nécessité et l'urgence de cette rénovation, concernant près de 90% du parc des villages et maisons familiales de vacances. L'instruction préparée par la direction du tourisme en septembre 1989 a lancé le plan de rénovation à partir de 1990. Après les trois premières années de réalisation de ce vaste chantier au cours desquelles l'accord cadre signé entre le ministère du tourisme, le Cécorel et l'Unat réaffirmait son caractère prioritaire, une première évaluation de qualité fut faite par le cabinet Deloitte et Touche, à la demande de la direction du tourisme. Une fois ce premier bilan connu, l'Unat a jugé utile de voir tout le travail qui restait à faire, avec ses implications qualitatives et financières. C'est pourquoi, dans le cadre de la convention annuelle passée avec le ministère du tourisme, l'Unat a confié à M. Pierre Barde, ancien délégué général de la FN Civam, la mission de mener à bien l'évaluation de la poursuite du plan de rénovation du patrimoine. C'est le résultat de ce travail, mené en concertation avec l'ensemble des associations membres du comité de secteur "tourisme familial" de l'Unat qui fait l'objet du présent rapport, et qui démontre toute l'importance de la poursuite et de l'achèvement de ce plan de rénovation du patrimoine des associations de tourisme. Sommaire
Le patrimoine des associations et le lancement du plan de rénovationLe patrimoine des associations membres de l'Unat a fait l'objet d'un premier inventaire arrêté au 1er décembre 1993. Celui-ci recense 1 386 équipements comportant au total 217 931 lits.Sont à citer également, pour mémoire, les 244 terrains de camping avec 24 016 emplacements. Les grandes catégories d'équipement sont classées ainsi :
Notre étude a été essentiellement centrée sur la première catégorie destinée aux familles. Ce secteur comprend essentiellement 358 villages de vacances, 252 maisons familiales de vacances, 34 gîtes, 29 résidences et 8 hôtels. Il est à remarquer que cette typologie est assez théorique car on assiste de plus en plus à la constitution de véritables complexes associant les diverses formules. Par ailleurs, l'état statistique du patrimoine doit être remis à jour constamment, pour tenir compte des changements intervenus. Pour mémoire, l'étude confiée à Codatel par l'Unat en 1988 sur l'évolution du patrimoine associatif crédite le secteur de 500 000 lits dont 228 000 pour les villages de vacances, gîtes familiaux et maisons familiales avec un total de 870 établissements. Il est donc possible d'estimer à environ 70% le parc des associations adhérentes à l'Unat. Signalons, comme notre enquête a pu le vérifier, que les associations gestionnaires sont rarement propriétaires des installations. Bail à plus ou moins long terme, conventions de gestion, régissent les rapports avec les collectivités locales, organismes sociaux ou comités d'entreprise, etc, qui sont propriétaires en titre. Souvent et selon les circonstances historiques, les deux formules coexistent dans la même association avec des préférences marquées pour l'un ou l'autre système, chacun apportant ses avantages et ses inconvénients. Le rapport Unat/Codatel 1988 a eu le grande mérite de faire un "état des lieux" dans une démarche évolutive : constitution, ancienneté, clientèle, produits, tarifs... Cet énorme travail a défini les objectifs d'un "Plan de Patrimoine" qui a débouché sur la circulaire de 1989. La démarche définie par l'étude de 1988 propose comme buts :
Elle souligne aussi "que le plan est l'expression d'une stratégie globale et cohérente" d'où la nécessité de jouer simultanément sur l'ensemble des composantes : cellule, bâti, architecture, produits, image, etc. Cette "vision du devenir" amenant à des solutions différenciées allant de l'amélioration, réhabilitation, à la vente ou à la démolition, définit le plan patrimoine comme un "outil de réflexion prospectif et stratégique". Une estimation globale de l'Unat en 1989 fait apparaître que 130 000 lits du patrimoine doivent être modernisés, les gestionnaires n'ayant pas ou pu entreprendre les importants et onéreux travaux nécessaires pour rénover un parc usé et ancien. Afin de préserver et moderniser le patrimoine des associations de tourisme, le ministère du Tourisme a mis en place la procédure Plan Patrimoine (14 septembre 1989) qui est restée toutefois à part de l'accord cadre de 1992. Rappelons que le Plan Patrimoine ne participe qu'aux projets de modernisation et d'adaptation des équipements existants. Il nous parait important de reprendre les deux objectifs suivants :
Les opérations de réhabilitation des équipements doivent avoir pour but de :
Tout ceci participe d'une politique de soutien à l'offre de prestations destinées à une clientèle défavorisée, ceci en maintenant des tarifs abordables, assurant la rentabilité par l'augmentation de la fréquentation dans des zones défavorisées. Maintenir des tarifs "sociaux" pour des populations à faible revenu ou aidées reste un critère essentiel. En 1994, quel constat établir ? Quels résultats sont à observer ? Quel est le sens de l'évolution ? Le rapport "Evaluation du Plan Patrimoine" (Cabinet Deloitte et Touche) diligenté par la Direction du Tourisme, nous donne de très précieuses indications et analyses sur la période 1990-1991-1992. Nos entretiens avec les responsables des associations et fédérations concernées ont permis de vérifier ou de préciser les orientations prises, d'identifier et mesurer l'effet des réalisations et de déceler les tendances nouvelles.
Ce plan a eu pour résultats positifs de stimuler les organisations dans la voie de la modernisation des installations. Les responsables étaient et sont totalement convaincus de l'impérieuse nécessité d'offrir des équipements conformes aux normes contemporaines. Il est certain qu'apparaît partout la détermination d'améliorer la qualité des prestations par un meilleur confort de l'hébergement et des structures d'animation adaptées à la clientèle. Ce souci du "haut niveau" est général même s'il a été quelquefois noté que le choix du site (littoral) l'emporte sur la demande de confort. Le rapport "Deloitte et Touche" fait ressortir que la réhabilitation a été privilégiée sur la rénovation. La plupart de nos interlocuteurs ont du mal à accepter cette différence : le terme de rénovation est en très grande majorité utilisé comme mise ou remise "à neuf" avec des normes nouvelles. Signalons toutefois des extensions pour amener au seuil de rentabilité où à son optimisation dans une économie d'échelle ; la "fourchette" est située entre 150 et 250 lits avec 100 jours d'ouverture selon les associations. Même s'il est question de construction de gîtes ou d'acquisitions de mobil homes, d'installations, telles que des piscines, courts de tennis, terrains de sport, aménagement des espaces verts, parkings... ces opérations sont qualifiées de rénovation, à distinguer des "modernisations et améliorations". Il serait quelquefois possible de parler de "reconstruction". Ce même rapport signale que les travaux réalisés sur les parties communes sont importants : en 1993-1994 la tendance semble s'être maintenue avec le souci d'avoir des équipements collectifs de qualité. Il nous paraît intéressant de noter une sorte d'effet de synergie. Les efforts faits sur l'hébergement (chambres) dans un souci d'adaptation à la vie moderne ont amené les dirigeants à repenser voire redimensionner l'architecture et les équipements (bar, hall d'accueil...). L'impact du Plan Patrimoine sur la modernisation des associations elles-mêmes, tant au niveau de la gestion et de sa pratique, de la formation que du fonctionnement global, est reconnue par tous. Observons que les organisations à direction et gestion centralisées en ont moins ressenti le besoin que les fédérations. Ces retombées du Plan Patrimoine sur le secteur ont eu une vertu pédagogique et permis quelquefois de réorganiser l'action fédérative et en général de faciliter la gestion de personnel et, point essentiel, de créer des emplois. Si les effets du Plan Patrimoine sur les résultats d'exploitation commencent seulement à apparaître concrètement bien que peu de données chiffrées soient fournies, il ressort des très nombreux entretiens avec les responsables que ces résultats sont meilleurs avec une rénovation bien conduite, axée sur la polyvalence. Ces résultats positifs sont dus essentiellement à une nette augmentation de l'indice de fréquentation par comparaison avec d'autres établissements non rénovés : indice en progrès du fait de l'allongement de la période d'ouverture, de l'ouverture à d'autres publics (séminaires, groupes de retraités...). Parmi les problèmes ou difficultés rencontrés, ceux plus particulièrement évoqués tiennent à l'identité propre du tourisme associatif et de cet enjeu difficile à tenir à la fois d'affronter la compétition face au secteur marchand et d'affirmer la vocation sociale. Maintenir des tarifs abordables pour permettre le départ en vacances d'une clientèle défavorisée, en obtenant des résultats financiers équilibrés tout en contribuant au développement local, tout cela parait une gageure. Pour résoudre cette sorte de dilemme deux tendances fortes apparaissent :
Il est important, toutefois de noter qu'il y a unanimité dans le court terme (5 ans) pour une remise à niveau des sites en prolongement du plan, les différences d'approche se situant sur l'arrêt ou non après la "mise à flot". De la même façon, il y a une volonté générale d'affirmer et de redéfinir l'utilité sociale du tourisme associatif. La tendance observée à la "paupérisation" des vacances sociales et à la création d'un système à deux vitesses est dénoncée de même que la constitution possible de "ghettos" pour les populations défavorisées ; la notion de brassage social comme élément d'intégration devrait être davantage valorisée. Parmi les interrogations souvent formulées revient à tous les niveaux celle d'une meilleure qualité définie par une charte, même si celle-ci impose des contraintes : des formules diverses existent ou sont proposées : labellisation, normes de qualité pour les services... Ceci est à rapprocher du souhait souvent exprimé de regroupements associatifs en particulier pour l'aspect promotion/commercialisation, même si la multiplicité et la diversité des associations sont une richesse ; il nous a été affirmé que les CE cherchent et chercheront de plus en plus des contacts directs avec des associations locales. En résumé, il est admis que le Plan Patrimoine dont l'aide financière (15%) compense en gros la TVA sur les travaux entrepris, a tout de même évité la mise en péril du patrimoine. Il a permis d'adapter les installations et leur polyvalence, de développer le secteur hygiène/propreté dans un contexte de respect de l'individu et de faciliter la rencontre des hommes par les équipements de loisirs. Par contre le Plan Patrimoine n'a pas réglé totalement le problème des reprises dont les installations sont souvent en mauvais état et dont l'architecture n'est pas toujours adaptée aux besoins réels des séjournants et des gestionnaires.
Pour qui ? Pour quoi faire ? Comment ?Un Plan Patrimoine deuxième génération ne peut se concevoir sans une connaissance précise des publics et de leurs attentes ou besoins en même temps que celle des sites et de leur adaptation à la vie moderne ; ces deux données sont interdépendantes : l'offre qualitative de tel ou tel établissement amenant un certain type de public et inversement la fidélisation du public initial et secondaire dépend de la valeur des prestations proposées. Cette observation demande à être modulée selon le degré de "captivité", "la clientèle", l'aide des CE, des chèques vacances et des réseaux affinitaires syndicaux, corporatifs, associatifs conduisant à choisir un réseau de tourisme social, voire une installation plus qu'une autre. A cet égard "le bouche à oreille" est parfois un élément d'information, déterminant le choix (70% nous a-t-on signalé). Pour qui ?Cette approche nous paraît prioritaire. Tous nos interlocuteurs ont souligné, quelle que soit leur interprétation économique du tourisme associatif, leur volonté de conserver les valeurs et principes fondateurs. Affirmer et sans doute redéfinir le caractère "d'utilité sociale" avec des déclinaisons nuancées est apparu, dans le contexte général actuel, comme une démarche indispensable à la fois interne et de communication externe. Le croisement des données produit/public ne facilite pas la problématique par la seule entrée public. Il ne semble pas y avoir de secret ni de miracle : pour faciliter l'accès aux vacances du plus grand nombre et surtout des défavorisés, sauf cas très particuliers, la solution tient au prix de journée. Tout le secteur - ou à peu près - pense que ce maintien des prix à un niveau raisonnable passe par une meilleure gestion, de meilleurs résultats économiques, une "meilleure rentabilité". Pour cela, divers moyens sont prévus ou en cours de réalisation : allongement de la saison pour ouverture plus tardive à d'autres catégories commes les retraités, ou plus précoce : classes de découverte, ou carrément d'autres publics : groupes (autocaristes), séminaires, tourisme d'affaire (plusieurs villages déjà labellisés). Cette stratégie de caractère commercial ne saurait avoir de justification d'utilité sociale s'il n'y était incluse la notion de solidarité. Par rapport au secteur commercial qui pratique le "dumping" en basse saison et applique un coefficient très élevé en haute saison, la pondération se fait les ledsHle kLLL leelllesoisdkjflkjsd ou devrait se faire entre diverses catégories d'usagers, mais la modulation tarifaire reste très modérée ce qui pose des problèmes de rentabilité. Cette nécessité d'une part "d'être toujours plus professionnel" tout en "conservant les valeurs" a été affirmée tout au long de nos rencontres. Ces valeurs anciennes ou renouvelées ont été exprimées ainsi :
Dans ce cadre général où il est clair que personne ne veut "perdre son âme" et où tous choisissent de rester fidèle aux grands mythes fondateurs, la contradiction vécue entre la fonction d'entrepreneur et l'utilité sociale reste présente ; ce cheminement sur "le fil du rasoir" est à la fois exaltant et contraignant. Mais il ramène toujours à la réalité économique. Une première approche permettant d'assurer les charges fixes donnerait pour un emploi optimal des centres :
Y a t'il une évolution de la clientèle ?Sans doute, mais d'après ce que nous avons observé, il s'agit plus d'une évolution des aspirations, attentes, besoins... ou rêves d'une clientèle traditionnelle que d'un véritable changement de public.Il nous a été toutefois signalé un certain glissement expliqué par la crise socio-économique : passage du village de vacances et du gîte vers le bungalow (HLL), arrivée dans le tourisme social de la clientèle hôtel 2** d'où introduction d'une autre culture dans les établissements et d'autres demandes. Des réponses ?Toutes concordent :
Pourquoi ?Ces réflexions, observations, analyses sont dans l'ensemble très concordantes même s'il y a des divergences sur la durée de la deuxième génération du Plan Patrimoine et sur la nature des politiques futures de gestion.Deux formules dominent tous les entretiens :
Naturellement ces affirmations demandent à être modulées mais elles traduisent bien d'une façon claire et simple comment va s'opérer la transformation et la rénovation des équipements existants. PolyvalenceConstruits et aménagés en fonction de la famille française traditionnelle (2 parents/2 enfants), l'ouverture à d'autres publics amène à repenser les centres de vacances selon d'autres critères. D'autres facteurs sociaux (familles éclatées, monoparentales...) ou culturels interviennent aussi.L'idéal à rechercher, pour lequel il existe des réalisations tout à fait remarquables, est l'appartement (gîte ou autre formule) permettant d'héberger les familles classiques, avec séjour, 2 chambres, cuisine, salle de bain, formule bien au point. Mais dès qu'il s'agit de recevoir des séminaires, des groupes, des retraités individuels, il est absolument indispensable de prévoir un équipement sanitaire par chambre d'ou l'impact certain sur les coûts. La tendance au "gîte" pose aussi des problèmes pour l'accueil des clientèles citées ci-dessus car celles-ci réclament restaurant, bar, repas servis à table... d'où l'obligation de conserver cuisines et personnel had doc. Ce qui amène encore un surcoût pour une utilisation aléatoire. Mais l'objectif de créer des structures polyvalentes permettant d'accueillir la cellule familiale et les isolés est présent partout. Cela ne saurait faire oublier la notion de confort dans les chambres qui reste l'élément premier du dispositif. Il est bien clair que toutes les formules de sanitaires plus ou moins collectifs sont appelées à disparaître même s'il nous est signalé qu'elles sont acceptées dans des sites attractifs dans des types d'hébergement HLL. Cette importance de l'équipement sanitaire est souligné unanimenent : "aucune différence avec l'hôtellerie... top niveau...", mais les normes de qualité et la clarification des classifications doivent devoir s'imposer. A cette chambre modèle s'ajoutent un peu partout la prise TV (avec ou sans appareil), la prise téléphone, éléments qui semblent aujourd'hui indispensables. La polyvalence des installations étant un des points forts de la politique de rénovation, il convient d'analyser d'une façon plus fine à quoi correspond cette approche. Les contraintes de rentabilité associées, du fait d'un effort qualitatif, au niveau du confort et de l'animation amènent indiscutablement à une réduction du nombre de lits parallèlement à une progression des charges. Incontestablement la solution passe par l'allongement de la période d'ouverture et l'accueil de publics différents de ceux de la clientèle estivale. Théoriquement il est possible d'envisager de rendre polyvalente toutes les unités de séjour : ce surcoût est parfois difficile à supporter. Sauf rares exceptions, le plein emploi en basse saison paraît impossible ; pourtant des publics "secondaires" ou "dérivés" peuvent apporter ce complément financier nécessaire pour assurer la crédibilité. C'est ainsi qu'il est possible d'envisager une stratégie de rénovation adaptée en créant des mini structures d'accueil individuelles dans un complexe à vocation familiale. Un module de 50 à 100 lits, correspondant à l'accueil de un ou deux cars, parait par exemple raisonnable. C'est ainsi que les sites pourront prolonger leur activité sans augmenter outre mesure leur charges structurelles. Abandon ou forte baisse de la demande en pension complète La demande actuelle serait de 80% en "gîte" ; ce constat amène à réviser, selon certains dirigeants, la conception du type d'installation à rechercher, même si l'argument d'un meilleur résultat financier avec la pension complète est avancé. Si cette thèse demande à être modulée, il est clair que la demande en "séjour sec" s'accroît ce qui amène une adaptation des équipements avec des services plus pointus. Dans cette tendance générale provoquée aussi sans doute par la baisse du pouvoir d'achat, plusieurs types de formule répondant à des besoins nouveaux sont à prévoir :
Tous ces éléments provoquent une nécessaire restructuration des cuisines et de la gestion du personnel. Avant de modifier ou transformer radicalement les équipements des centres, des solutions sont avancées et réalisées, il s'agit du passage du "prix à la personne" au prix à l'installation (chambre, gîte...) dégressif selon le taux d'occupation. Cette économie réalisée par les ménages provoque un retour à la pension complète, améliore le coefficient de remplissage et les résultats financiers.
Malgré tout, et cela était prévisible, de fortes tendances concordantes décrites précédemment sont indiscutables. Nous les rappelons rapidement :
L'animation : une priorité nouvelleAinsi que le fait remarquer justement le rapport "Deloitte et Touche", les premières tranches de travaux de rénovation se sont concentrées sur l'hébergement. Les équipements complémentaires destinés à l'animation sont venus après et prennent de plus en plus de place dans les prévisions des associations.Certes, l'effort sur l'hébergement et à la mise aux normes est et sera continué : l'animation, activité pour laquelle le tourisme social a été précurseur, et même initiateur, devient un des pôles clés de la qualité des services offerts, stimulée par une attente croissante des publics pour des vacances actives. La piscine, même en bord de mer, devient une structure indispensable. Parmi les objectifs à relativement court terme, sont prévus là où ils n'existent pas : terrains de jeux, aires de sport, salles de spectacle mais aussi salles de musculation, jacuzzi..., tous éléments contribuant à un indice de satisfaction élevé. A classer aussi dans l'animation générale les services pour enfants et adolescents : clubs, garderie, nurserie, crèche avec une charte de qualité pour ces services (puéricultrice...). Ces projets supposent des investissements lourds, des charges financières et de personnel supplémentaires sans augmenter sensiblement le coefficient de remplissage, même si un allongement de la période d'ouverture est espéré. Avec un plafonnement des tarifs, le pari est difficile. Environnement, espaces verts... des besoins nouveauxIl est tout à fait symptomatique de noter que la rénovation de l'hébergement a fait prendre conscience de la nécessité de rénover tout ce qui existe autour.La notion de confort et de qualité de vie s'est imposée ainsi qu'une appréhension plus globale des problèmes à traiter tout en s'imposant un programme hiérarchisant les besoins et un échéancier financier rigoureux pour étaler les charges financières. Nous ont été signalés souvent comme travaux à réaliser : les espaces verts à développer, les cheminements, le fleurissement, l'éclairage, tout le micro environnement. Pour certains, cette priorité à l'environnement, dans le cas où l'essentiel de l'hébergement est rénové, est proclamée, tout comme l'amélioration de la voirie ou du traitement des eaux. La notion de rénovation du patrimoine qui dans un premier temps pouvait se résumer à la "totalité des chambres confort à 2**" s'étend à toute l'unité touristique ; c'est l'ensemble de l'institution qui fait la qualité et aucun élément n'est indissociable. Nous ne saurions oublier la mise aux normes de sécurité. Pour plusieurs sites, les contrôles sont anciens et il y a là un véritable problème à traiter rapidement en relation avec les services concernés. D'autres remarques et notationsLa richesse des entretiens et, semble-t-il, l'intérêt unanime des responsables et dirigeants des associations rencontrés, nous ont permis de recueillir un certain nombre d'observations ou réflexions qui peuvent utilement contribuer à la connaissance du secteur et à la vision qu'ont de son avenir ceux qui en ont la charge.L'étude Unat/Maison de la France de novembre/décembre 1993 sur la promotion du tourisme familial sur les marchés européens, fait l'objet de jugements différenciés. Dans une vision prospective il est reconnu nécessaire de tenir compte des habitudes et facteurs culturels, des modes de vie sociaux plus spécialement au niveau de la dimension des chambres et de la conformité à des "normes européennes". La demande en "hébergement sec" est confirmée ainsi que celle d'un plus grand confort et une plus grande qualité de service qui est souvent en contradiction avec une politique de prix bas. Pour beaucoup d'organisations qui pratiquent ce type de clientèle européenne, l'expérience prouve qu'ils ont trouvé très peu ou pas de problèmes particuliers, ceci semblant dû à la qualité de l'animation. Une autre remarque importante porte sur le rôle des architectes qui ont construit sans tenir compte des besoins réels des gens et des gestionnaires, ceci étant particulièrement vrai en cas de reprise. Une demande est faite de travailler sur la création de nouvelles normes d'hébergement avec comme priorité, la polyvalence. D'autres notions de confort accru ont par ailleurs été notées, traduisant bien l'évolution générale vers la qualité, ceci au prix quelquefois de difficultés financières mais aussi techniques dans les sites anciens. Il s'agit de la réduction des nuisances sonores par des isolations phoniques rendues de plus en plus nécessaires par la généralisation - encore relative - de la télévieion, du téléphone, de l'installation d'ascenseurs pour l'accueil de retraités...
Le secteur du tourisme social a été un pionnier du développement rural non agricole, plus globalement du développement local ; ce rôle d'aménageur doit lui être reconnue d'une façon plus concrète par la Datar. Au cours de nos entretiens, il est apparu qu'une séparation s'opère, dans les esprits, concernant la nature même des sites. Vouloir "mettre dans le même panier" une installation sur le littoral méditerranéen ou breton avec une autre dans la France rurale profonde dite "défavorisée" semble une grave erreur. De plus en plus, une prise de conscience se dessine sur la distinction a faire entre ce qui relève directement du tourisme et ce qui est du domaine de l'aménagement du territoire. Un concept nouveau apparaît : celui de zonage.Avec prudence, il est possible d'affirmer que certaines associations ayant bien réfléchi au problème accepteraient que ne soient plus aidés des équipements bien situés (littoral), mais qu'en compensation ceux installés dans des zones réputées moins attractives (zones rurales et moyenne montagne) bénéficient d'un soutien accru des Pouvoirs Publics, la loi du marché ne pouvant permettre leur équilibre financier, en particulier si des provisions pour investissements doivent être inscrites au bilan.Il ne fait pas de doute que les réalisations mises en place dans ces régions permettent l'emploi et le maintien de structures sociales qui disparaîtraient sans elles : poste, médecin, boulanger... Cette fonction d'aménagement et de développement doit être sérieusement prise en compte. Il ne semble , de l'avis de nos interlocuteurs, toutefois pas nécessaire, sauf rares exceptions, de créer de nouveaux sites avec des investissements importants du fait du nombre important de structures associatives ou commerciales. Rénovation, réaménagement, adaptation des structures d'accueil, paraissent un objectif raisonnable à condition que soient reconnues et soutenues ces fonctions autrefois dérivées, aujourd'hui essentielles de redynamisation d'un milieu en difficulté.
Si peu ou pas de créations ou projets nouveaux sont identifiés (cf : enquête statistique) il est jugé dangereux de réduire le nombre de lits offerts, ce qui amènerait l'impossibilité pour une partie de la population de partir en vacances. La volonté de tous de pratiquer des tarifs inférieurs en moyenne aux prix commerciaux induit la nécessité d'apporter un élément correcteur au niveau du bilan. Les associations pour mener à bien leur oeuvre d'utilité sociale ont besoin de fonds propres gratuits, ceci est d'autant plus vrai dans la conjoncture actuelle où la relation entre les taux d'intérêt et d'inflation n'est pas favorable. Comme nous l'avons déjà évoqué, cette obligation ressentie de maintenir en réelle activité les sites actuels, pousse beaucoup de responsables à revendiquer une aide permanente, un accompagnement financier sous des formes sans doute à redéfinir dans l'avenir. Le problème est posé en termes de choix politique : ou bien les associations de tourisme se considèrent collectivement en concurrence du secteur marchand et agissent dans ce sens ou bien elles affirment et confortent leur rôle social, leur rôle dans l'aménagement du territoire : un accompagnement budgétaire sera donc indispensable. Des contradictions et craintes se font jour dans la réalisation de ce vaste projet. Il est signalé celle concernant l'investissement "au lit" avec la réalisation d'équipements collectifs (animation au sens large) de qualité. La première partie du Plan Patrimoine aurait traité "la meilleure part" et le risque existe donc maintenant de se trouver avec des dossiers plus délicats demandant une étude technique approfondie. L'effort sur le qualitatif passe par la diminution du nombre de lits, d'où l'obligation d'améliorer le taux de remplissage et de rechercher des aides indirectes. Les investissements budgétaires se feront en priorité sur les équipements les plus performants, ce qui créera une situation délicate pour les autres rénovations si on considère d'abord la pure efficacité économique. Le système "tourisme social" apparaît d'ici à 5 ans comme de plus en plus vulnérable : une grande vigilance s'impose et aussi une plus grande solidarité entre personnes, entre associations. Réalisme et espoirEn annexe, des données chiffrées font apparaître les besoins des associations de tourisme social fédérées ou non en matière de rénovation de leur patrimoine pour les prochaines années. Ces chiffres démontrent amplement la necessité de la recherche de sources de financement, en particulier au niveau des collectivités locales et territoriales.Il a été remarqué qu'au niveau des politiques régionales seules quatre régions ont des contrats Etat Région sur le tourisme ; le retour à la notion de plan, le rôle d'un état organisateur, régulateur sont revendiqués. Sans porter de jugement de valeur sur les divers points de vue rencontrés sur le même problème, il est reconnu unanimement que l'aide doit être de plus en plus sélective. Les critères retenus porteraient sur des installations de meilleure qualité au sens global : hébergement, espaces collectifs, équipements permanents vérifiés et contrôlés par des formules de type : labellisation, chartes, etc. toutes "contraintes" reconnues comme indispensables. D'autres critères sont proposés comme la "rentabilité sociale". La valorisation du brassage social et aussi du bénévolat, éléments plus ou moins objectifs qui pourraient être pris en compte dans la modulation des aides. Il faut bien reconnaître qu'une deuxième version du Plan Patrimoine est une oeuvre de grande envergure ; la première génération de ce plan a contribué à une prise de conscience accrue de la richesse potentielle et des carences du secteur. Non seulement ce plan a aidé et doit encore aider à financer des outils mais également faciliter et soutenir la rénovation des structures par des opérations du type regroupement, concertation, etc. Prise de conscience aussi que les qualités du produit passe par la formation et la compétence des hommes. A cet égard, les effets indirects de l'opération sont presque aussi importants que ses effets directs sur la "pierre". Exprimant l'ambition d'une haute professionnalité, ce secteur du tourisme social qui souffre encore un peu de la qualification injustifiée d'amateurisme, semble procéder actuellement au mariage de deux cultures : sociale, associative et professionnelle dans une perspective de meilleurs résultats quantitatifs et qualitatifs. Nous ne saurions oublier le climat général, la toile de fond de tous nos entretiens, la volonté maintes fois affirmée dans une démarche économique exigeante et rigoureuse de conserver et promouvoir les valeurs associatives fondatrices : ouverture à tous, maintien des prix sociaux, lieux de rencontre des hommes et des idées, fonction culturelle et pédagogique. Les propositions chiffrées des organisations membres de l'Unat traduisent avec réalisme et sincérité leur ambition de remplir le rôle d'utilité publique qui est la justification de leur projet associatif.
(*) Sachant que le financement de la CNAF (l'aide à la pierre) n'est, sauf exceptions, plus possible depuis le 1er janvier 1994. Ce tableau, révélateur puisque basé sur une réalité constatée au cours des 3 premières années du plan patrimoine, démontre donc clairement que sur une enveloppe globale de travaux fixée à ce jour à près de 1,4 milliard de francs pour les 5 ans à venir, les associations pourraient en autofinancer près de 600 millions et auraient besoin de près de 800 millions d'aides extérieures, soit en moyenne 160 millions de francs par an. Il faut naturellement tenir le plus grand compte de retrait de la CNAF qui n'est actuellement pas compensé, si ce n'est pour un quart environ (cette année) par l'apport de l'ANCV. Cela n'en souligne que davantage l'importance du partenariat avec l'Etat et les collectivités territoriales si l'on veut éviter d'avoir davantage recours à l'endettement, qui pèserait fortement sur la politique tarifaire des associations et donc sur leur accessibilité au plus grand nombre et le rôle qu'elles jouent dans le développement local. 6. Créations
Annexe 3 - Interlocuteurs rencontrésOrganismes membres de l'Unat :
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