presseLes publications et études de l'UnatDocumentation et législationcontactnousdocumentation
1 - Les clientèles handicapées : marché et segmentation
    Cette rubrique est destinée à des professionnels du tourisme et n'a aucune prétention médicale. Elles précisent les attentes des clientèles handicapées, telles qu'elles sont ressorties de l'étude effectuée par KPMG à la demande de l'Afit. (cf. bibliographie).

1.1 - Approche quantitative sommaire
    Une population importante

    En France, on estime que le nombre de personnes souffrant de déficiences (motrice, sensorielle, intellectuelle…) au sens large, dans la vie quotidienne atteint près de 40 % de la population (22 millions) en y incluant les personnes âgées, les personnes momentanément immobilisées, celles souffrant de déficiences cardiaque, rénale, respiratoire…

    La tranche d'âge le plus touchée par le phénomène est celle des personnes de 60 ans et plus (74 %) suivi par les 20-59 ans (26,2 %).

    Les déficiences motrices sont dominantes, mais la proportion de personnes ayant des difficultés à se déplacer reste limitée à 25 %, le recours à des transports adaptés étant lui-même limité à moins de 3 % des personnes.

    Les pratiques de départ en vacances, les activités culturelles ou sportives sont comparables à celles des valides. Elles dépendent de l'âge et des revenus : 20 % des personnes souhaiteraient partir plus souvent, ce qui présente un marché potentiel à exploiter.

    43 % des personnes interrogées ont des revenus mensuels compris entre1 020 - (6 700 F) et 1 980 - (13 000 F), et 31 % des revenus mensuels supérieurs à 1 980 - (13 000 F).

    Un marché à développer

    Cette clientèle " potentielle " pour l'industrie touristique a été jusqu'à présent en partie ignorée par les professionnels du tourisme. Ce marché est donc à développer. Toutefois il convient de prendre en compte les besoins spécifiques de ces clientèles afin de mieux répondre à leurs attentes. Outre l'adaptation des hébergements ou des installations touristiques, une offre adaptée à ce type de clientèle ainsi que la qualité de l'accueil font toute la différence.

    Les atouts qualitatifs du marché

    Compte tenu de la carence d'une offre véritablement adaptée, les professionnels, notamment de l'hébergement, qui ont aujourd'hui des prestations accessibles et de qualité, bénéficient d'une demande soutenue quelle que soit la destination ; il s'agit d'un marché captif. Par ailleurs, cette clientèle, qui a besoin d'être sécurisée, se révèle très fidèle si elle a été satisfaite.
    La durée de séjour de cette clientèle, compte tenu des problématiques d'accessibilité et de transport, est souvent supérieure à celle du marché traditionnel.
    Une prestation adaptée ne justifie pas une hausse tarifaire à ses yeux, en revanche, sa dépense moyenne sur un lieu d'hébergement se trouve souvent supérieure du fait d'une prise assidue des repas sur place et de sa propension à consommer des extras.
    Enfin, l'ensemble des professionnels qui accueillent déjà cette clientèle, soulignent son comportement agréable et la richesse d'expérience vécue, tant pour le personnel que le reste de la clientèle.

1.2 - Description des principales caractéristiques
    La nature du handicap est un critère de segmentation déterminant à prendre en compte pour la définition des besoins et des équipements. Le prestataire touristique devra, dans la mesure du possible, répondre aux besoins spécifiques de ses clients.
1.2.1 - La déficience motrice
    L'étude Afit a estimé à 7,7 % de la population française (près de 4,5 millions de français) les personnes qui souffrent de déficiences motrices permanentes ou momentanées dont seulement 150 000 utilisant un fauteuil roulant.

    Cette déficience, quelle qu'en soit l'origine (virale, héréditaire, accidentelle...) entraîne une motricité réduite. Elle affecte tout ou partie du corps et peut entraîner des difficultés de communication ou de contrôle des gestes, sans pour autant altérer les capacités intellectuelles de l'individu. Pour compenser la déficience, les personnes utilisent souvent des aides techniques : canne, déambulateur, fauteuil roulant manuel ou électrique, soulève-personne, synthèse vocale...

    Les difficultés de déplacements de ces clientèles nécessitent des aménagements pour faciliter l'accessibilité (des bâtiments, des transports, de la voirie…). Sans adaptation, les clients voient leurs possibilités de déplacement entravées. Aménagés, sans obstacle, les équipements touristiques procurent une liberté totale de mouvement pour le touriste en fauteuil roulant électrique mais aussi des facilités pour tous les autres : personnes âgées, enfants en bas âge... Rampes, ascenseurs, portes élargies, surface de rotation suffisante, trottoirs surbaissés, boutons placés à bonne hauteur, places de parking réservées, sanitaires aménagés... participent à cette autonomie. L'accessibilité des bâtiments, des transports, de la voirie est donc capitale, celle-ci a fait l'objet de normes et d'une législation particulière.

    Le voyageur privé de mobilité a besoin d'informations précises sur l'accessibilité des sites touristiques, celles-ci détermineront ses choix de destinations et lui permettront de prendre des dispositions inhérentes à ses difficultés.

    Les attentes

    Les personnes à mobilité réduites sont à la recherche d'une intégration maximale (hébergement, activités de loisirs, culturelles et sportives banalisées). Ils sont très dépendants de la fiabilité de l'information qui leur est fournie sur l'accessibilité des lieux, ils appréhendent les déplacements.
    Pour ce public, il faut être particulièrement vigilant pour l'accessibilité générale : absence de marches, largeur des portes, nature et hauteur des boutons de porte, des interrupteurs et prises électriques, des installations sanitaires, des miroirs, accessibilité du transport…
    Au sein même de ce groupe, les difficultés et besoins d'adaptation peuvent être très variables.

1.2.2 - La déficience visuelle
    Les déficiences visuelles touchent 2 % de l'ensemble de la population française. Mais il faut distinguer les personnes aveugles des personnes malvoyantes. La malvoyance concerne plus de 1,5 % de la population dont les 2/3 ont plus de 65 ans.

    Description de la déficience

    La personne aveugle

    La personne aveugle appréhende le monde principalement par ses sens (toucher, odorat, ouïe). Pour ses déplacements, elle utilise une canne blanche ou un chien-guide.
    -La canne blanche balaie le sol de droite à gauche et sert à détecter les obstacles qui s'y trouvent. Cependant, les objets situés en hauteur, sans embase au sol, ne sont pas perceptibles et de ce fait, représentent un réel danger.
    -Le chien-guide a été éduqué afin d'éviter les obstacles. Contrairement à ce que l'on pense, c'est le maître qui guide le chien et lui indique les directions vers lesquelles il souhaite se rendre. Dans les lieux publics, on ne peut - sous peine d'amende - refuser l'accès d'un chien-guide accompagnant son maître.

    a personne malvoyante

    La personne malvoyante voit mal, mais a conservé des " restes visuels ". Les atteintes prennent des formes multiples. Elle peut voir flou comme à travers un brouillard, ne distinguer que des éléments situés sur les bords comme si l'œil avait une tâche noire en son milieu ou ne percevoir qu'au centre, comme à travers le trou d'une serrure. Lorsqu'elle se déplace, elle doit suppléer à ses manques visuels afin d'être en sécurité.

    Les attentes

    Les déficients visuels apparaissent comme une population très intégrée, dont les comportements pour des séjours touristiques s'apparentent à ceux de la population valide (à la différence des autres types de handicap), notamment dans la recherche d'information et le recours à des agences de voyages classiques.
    Les professionnels du tourisme devront recourir à la mise en place de matériel audio, de signaux sonores. Il convient de faire particulièrement attention aux lumières choisies (non éblouissantes), aux couleurs de décoration (contrastées) et à la typographie employée dans leur brochure ou pour la signalétique de leur établissement.
    Le braille est l'écriture que l'on associe fréquemment aux personnes aveugles. Il s'agit d'un alphabet tactile disposé en six points. Moins de 1% des personnes malvoyantes lisent le braille, généralement des aveugles de naissance. Elles peuvent également avoir recours aux cassettes enregistrées ou aux nouvelles technologies : informatique couplée à une synthèse vocale.

    L'écriture en gros caractères convient aux personnes malvoyantes. Des éditions spécialisées ont ainsi fait leur apparition et redonné le goût de lire à ceux qui s'en trouvaient privés. L'utilisation de gros caractères est utile dans les lieux publics sur les cartels (panneaux explicatifs d'un site, d'une vitrine, .…) ou pour les dépliants car il permettra de répondre aux attentes de nombreuses personnes. Les professionnels devront donc préalablement bien réfléchir à tout investissement dans ce domaine.

1.2.3 - La déficience auditive
    Il faut distinguer les personnes sourdes profondes des personnes malentendantes qui sont plus nombreuses que les premières. Une personne âgée sur trois est malentendante après 65 ans.

    Les surdités se déclinent en trois niveaux d'atteinte :

    - les sourds profonds, leur surdité est presque totale. Ils ne conservent souvent qu'une perception très confuse des graves. Ils sont généralement dans l'impossibilité de déchiffrer le langage oral ;

    - les malentendants sévères. Ils perçoivent des bruits, des sons mais ont d'importantes difficultés à y donner du sens. La perception du langage est altérée. Ils doivent souvent apprendre à parler, c'est-à-dire à mémoriser l'image articulatoire des mots ;

    - les malentendants moyens et légers. Ils perçoivent la parole, mais certains sons peuvent être difficiles à décoder, particulièrement si la personne malentendante se trouve dans un environnement bruyant ou si plusieurs locuteurs s'expriment en même temps.

    Les personnes déficientes auditives, notamment les jeunes, ont développé des modes de compensation utilisant les autres sens : la vue, la perception des vibrations, les odeurs. Certaines d'entre elles utilisent des appareils auditifs destinés à amplifier les sons.

    D'autres personnes déficientes auditives communiquent en langue des signes. Contrairement à ce que l'on pense, tous les sourds ne l'utilisent pas, seuls environ 5 % la comprenne et 2,6 % la pratique. Elle n'est parlée le plus souvent que par les personnes sourdes de naissance ou les jeunes enfants devenus sourds.

    Les attentes

    Les déficients auditifs ont des pratiques touristiques proches de celles des valides, mais constituent néanmoins (surtout pour les déficients auditifs de naissance) un groupe spécifique avec lequel il n'est pas toujours aisé de communiquer. Pour eux, le manque d'accessibilité se situe au niveau des activités et de l'information. On recommandera aux prestataires qui ciblent cette clientèle de mettre à disposition un personnel parlant la langue des signes, ce qui sera extrêmement apprécié. Les équipements de lieux d'accueil, guichets, salles de spectacles ou de conférence peuvent êtres équipés d'une " boucle magnétique ". Il s'agit d'un conducteur électrique qui crée un champ magnétique amplifiant le son. Il convient bien aux porteurs de prothèse auditive.

1.2.4 - La déficience intellectuelle
    La déficience intellectuelle touche 4 % des Français (près de 2,3 millions de personnes). Elle est d'importance variable. Une personne présentant une déficience intellectuelle a des difficultés de compréhension et de décision. L'importance de sa déficience varie. En règle générale, se situer dans le temps, l'espace, conceptualiser, abstraire, symboliser sont autant d'opérations mentales qui posent problème. Leur autonomie est plus ou moins grande. Ces personnes peuvent parfois avoir des attitudes ou des comportements qui semblent curieux voire déplacés. Les personnes trisomiques sont connues pour avoir une affectivité débordante et expressive.

    Les personnes déficientes intellectuelles ont besoin de temps pour leur apprentissage tels que repérer un trajet en bus, effectuer une tâche. Malgré tout, certaines d'entre elles travaillent dans des lieux spécifiques, des centres d'aide par le travail (CAT) ou des ateliers protégés, ce qui leur procurent un sentiment d'autonomie. Elles voyagent le plus souvent en famille ou en groupe. Pour que la personne déficiente intellectuelle bénéficie de la plus grande autonomie, il lui faut un accompagnement, un soutien qui l'aide à faire ses choix.

    Les attentes

    L'accueil des publics nécessite une approche différente. Il s'agit moins d'adapter des installations que d'avoir un personnel sensibilisé, capable d'apporter une assistance en cas de besoin. Les séjours de ces publics sont moins fréquents, ils sont en revanche d'une durée plus longue. Ces clientèles disposent généralement de revenus limités.

1.2.5 - Les maladies handicapantes
    Ces maladies sont souvent indétectables (diabète, épilepsie, déficience cardiaque, pulmonaire…) au premier abord, elles sont contraignantes soit par les traitements réguliers (dialyse par exemple) qu'elles occasionnent, soit par les crises (épilepsie) qu'elles suscitent.

    Les attentes

    Ces personnes recherchent une intégration maximale, pour oublier leurs gênes. En revanche, elles attendent une sécurité médicale, soit à proximité immédiate, soit sur le lieu même du séjour.
    Il convient de répertorier les différents professionnels de la santé (médecins, kinésithérapeutes, centres de dialyse…) et prestataires spécialisés (matériel médical, bouteilles d'oxygène…) présents dans une aire géographique compatible avec les possibilités de déplacement de ces clients (ainsi que leurs périodes d'ouverture).

1.2.6 - Le grand âge
    L'impact du vieillissement de la population est très important sur la problématique du handicap. En effet, plus de 70 % de la population handicapée à 60 ans et plus.

    La personne âgée dispose de son autonomie mais peut avoir de légères difficultés à se repérer dans l'espace et à se situer dans le temps. Selon son état physique (arthrose, rhumatismes, déficiences auditives ou visuelles...) et son age, elle peut avoir un rythme plus lent sans pour autant être génée dans l'accomplissement des actes de la vie courante. En cas d'imprévu, elle peut manifester une attitude de décompensation liée à la rupture de ses habitudes.

    La personne âgée est une personne adulte aux capacités intellectuelles généralement intactes, mais aux capacités physiques susceptibles de légères déficiences liées au vieillissement (vue, audition, mobilité, incontinence,...) pouvant entraîner quelques lenteurs et maladresses. Elle peut aussi souffrir d'une certaine rigidité intellectuelle et de troubles de la mémoire (certaines personnes âgées ont une mémoire immédiate très perturbée, mais conservent une mémorisation des événements anciens).

    Les attentes

    Les personnes âgées souffrent, plus elles sont âgées, de l'accumulation de plusieurs déficiences (auditive, visuelle, motrice) s'accentuant avec la vieillesse. Les aménagements mis en place pour les différents segments de clientèles handicapées faciliteront grandement leurs attentes.

1.3 - Tableau récapitulatif des différentes déficiences
retour
Unat

Publicité